Marque des sociétés en crise : l'épidémie de gale progresse en Haute Normandie
Marque des sociétés en crise, marque de la baisse générale du pouvoir d'achat et du recul social, marque de la dégradation générale de la santé et de la baisse du nombre de médecins, marque de l'augmentation du risque sanitaire, la gale a refait son apparition en France et progresse dangereusement en Normandie.
L’Agence Régionale de Santé (ARS) de Haute-Normandie va lancer dans les semaines à venir une campagne de sensibilisation du public autour de la gale. L’incidence de cette infection invalidante mais bénigne est en forte augmentation en France depuis le début des années 2000.
Longtemps considérée comme honteuse, la gale est provoquée par un acarien invisible à l’oeil nu : le sarcopte. La transmission du parasite s’effectue directement par contact humain. La femelle creuse des galeries dans la couche superficielle de la peau et y pond ses oeufs. C’est la salive du parasite qui pro-voque d’intenses démangeaisons.
« L’augmentation de l’épidémie est très nette depuis deux ou trois ans », explique au CHU de Rouen le dermatologue Xavier Balguerie. Les raisons de cette recrudescence ne sont pas clairement identi-fiées. Cependant les professionnels de santé soulignent plusieurs difficultés qui peuvent expliquer cette augmentation du nombre de cas (+10% par an, 215 en-fants de moins de 16 ans sérieusement touchés en 2 ans au CHU).
Sur le plan médical, le traitement par voie générale (un cachet en une seule prise) n’est à lui seul efficace que dans 70% des cas. Le traitement externe (lotion) qu’il faut lui adjoindre rencontre tout d’abord des problèmes d’approvisionnement. En dé-but d’année, l’ARS a lancé une alerte sanitaire sur une pénurie d’ASCABIOL® lotion pour application locale (benzoate de benzyle, sulfiram) du Laboratoire Zambon France depuis le 23 novembre 2012.
Des solutions permettant une reprise de la production et de la commercialisation de l’Ascabiol sont « en cours d’examen », précise l’ARS (*). Le médicament n’est par ailleurs pas remboursa-ble. « Là on a un vrai problème quand il faut compter environ 50 € le traitement pour une famille de 4 à 6 personnes c’est un vrai souci », remarque le médecin.
Le tout dans un contexte où « un quart des dermatologues sont partis en retraite et ne sont pas remplacés ». Autre difficulté, « la maladie qui ne peut en aucun cas se guérir toute seule joue au ping-pong dans les familles recomposées ».
Un enfant débute son traitement mais, par négligence ou par ignorance, ne le poursuit pas le week-end chez son autre parent. Le facteur de propagation est tel que toutes les collectivités sont touchées. Les écoles, les crèches, les PMI, les centres de loisirs et d’une manière plus inattendue les maisons de retraites où les personnes âgées sont moins sensibles aux démangeaisons.


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