Mesures anti-sociales : où allons-nous ?
Courrier des lecteurs
Les régressions sociales et démocratiques en cours ne touchent pas à leurs fins. Les mesures annoncées par le Président-candidat lors de son show multi-télévisé et celles déjà en vigueur ne sont qu'un hors-d'œuvre. Les financiers, le FMI, la BCE, la commission européenne et les gouvernements libéraux, sociaux-démocrates ou technocratiques, expérimentent en Grèce les bonnes formules pour humilier, soumettre, terrasser les peuples et briser leur résistance.
Ce que nous subissons en France n'est que la partie émergée de l'iceberg des régressions, en attendant la mise en œuvre progressive de la partie immergée.
L'arc de la «crise» dispose de multiples flèches empoisonnées (cf. Fillon sur « France 2 » le 2 février en fin d'émission). Si l'arc ne suffit pas, d'autres armes plus radicales peuvent être employées.
Les limites de l'austérité, de la tyrannie et de l'asservissement ne sont pas définies.
Au plan démocratique, le récent traité soumettant les Etats à la tutelle et au châtiment n'a été élaboré que par une coterie de personnages érigée en tribunal. Le parlement européen, bien que dominé par une majorité ultra-libérale, est hors-jeu. Ne parlons pas des peuples. Les consulter est une mascarade puisque ensuite, par un tour de passe-passe, ils sont désavoués.
La précipitation avec laquelle notre encore Président -complaisant et scandaleux auxiliaire d'une classe avide de profits- annonce quelques semaines avant les élections de nouvelles mesures avec effet ultérieur, souligne l'arrogance de cette classe et le peu de considération qu'elle concède aux citoyens et aux électeurs.
Les nominations à la tête des gouvernements grec et italien de technocrates enracinés dans le système confirment le chaos démocratique vers lequel nous nous dirigeons.
L'Allemagne nous est exhibée comme le «nec plus extra» du monde libéral. En omettant de nous dire que plusieurs millions d'Allemands sont menacés de voir leur espérance de vie raccourcie de deux voire de quatre ans. Que plusieurs millions de salariés travaillent en mini-job, voire pour un euro de l'heure. Que les taux des inégalités et de la population en dessous du seuil de pauvreté ne cessent de croître et sont parmi les plus élevés d'Europe. Que le nombre de «burn out» (épuisement au travail), explose.
Un pays où le taux de natalité n'est qu'à peine de 1,4, soit un des plus bas d'Europe, entraînant chaque année un recul de plusieurs centaines de milliers de membres de sa population, n'atteste pas qu'il dispose des meilleurs lois sociales et que son peuple est béat de bonheur.
Malgré les exhortations, ce n'est pas le prototype du pays dont nous rêvons.
Alors que faire ? En premier lieu, prendre conscience de la nocivité, de l'intensité et de la dimension européenne des objectifs visés par l'oligarchie régnante.
Ensuite ne pas considérer qu'il s'agit d'une fatalité et que nous n'y pouvons rien.
S'indigner ne suffit pas.
La lutte syndicale, difficile mais indispensable, même si elle n'aboutit pas toujours, permet d'affirmer sa détermination face à l'adversaire et de conduire la résistance de manière globale ou décentralisée.
Les prochaines échéances électorales sont l'occasion de signifier que les Français n'ont pas renoncé à leurs acquis sociaux et même à leur développement.
Qu'une autre (re)distribution des richesses est possible.
Que la démocratie n'est pas une utopie et que les électeurs ne sont pas des bourricots.
Enfin il faut développer la solidarité, très insuffisante actuellement, entre les peuples européens, tous promis à subir le même joug ultra-libéral.
Le 8 Février 2012
Jean M. - Bellac (Haute-Vienne)


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