Mobilisation des salariés d’ « ALBANY-COFPA » (Saint-Junien) : une leçon de chose qu’il va bien falloir faire entendre
Drôle d'atmosphère le mercredi 29 février 2012 à Saint-Junien. Un savant mélange de colère, de tristesse, mais aussi de combativité et de solidarité. Cette année est bissextile, une année avec 366 jours. Alors disons-le clairement, ce jour en plus est celui des ouvriers et des ouvrières de l'usine ALBANY-COFPA. Sur le chemin menant au rassemblement, un couple de retraités nous demande si ils ont le droit de venir à la manifestation, comme si leur volonté d'exprimer leur soutien se trouvait tout d'un coup retenue par la pudeur. Celle qui fait qu'on a du mal à trouver ses mots quand on apprend le décès d'un proche, celle qui nous place comme spectateur de la détresse d'autrui. Mais justement, pas de spectacle ce mercredi, mais des femmes et des hommes debout, dignes, vivants. Face à ce monde qui marche sur la tête, où les profits passent avant la vie des gens, c'est une foule humaine qui s'est levée et a décidé de résister. Une leçon de chose qu'il va bien falloir faire entendre. Oui, il faut interdire les licenciements dans les entreprises et surtout quand elles font des profits ! Oui, il faut récupérer l'argent que les collectivités (et donc la population) ont donné pour faciliter l'installation de ces grands groupes qui spéculent sur la vie des salarié-es et de leurs familles ! Oui, il faut aller jusqu'à prendre l'entreprise, que ce soit sous le contrôle des salarié-es ou des collectivités, si son propriétaire persiste à la fermer ! Impossible disent les experts, car nous sommes dans un État de droit ! Mais de quels droits parle-t-on face à l'inacceptable ? Allez demander à monsieur et madame tout le monde ce qui se passe quand on ne paye pas les traites de son crédit ou lorsqu'on dépasse le découvert bancaire ? L'argent, on nous le ponctionne directement sur notre compte quand ce n'est pas à la source, en diminution de nos salaires. Et ça, on ne pourrait pas le faire pour les comptes des fonds de pensions et des spéculateurs ? Et qui fait marcher l'entreprise si ce n'est le savoir-faire des ouvrières et des ouvriers et leur obstination à vouloir remplir parfaitement leur part du contrat ? En l'espèce, le contrat est rompu de manière unilatérale. Le droit est donc du côté des salarié-es... et l'honneur aussi !
Christian Nguyen, NPA 23
Forum des lecteurs de « L’ECHO de la Haute-Vienne »



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