Objectif « Assises du Communisme – juin 2013 » : Réflexions de GQ, animateur du blog « Réveil communiste »
Leur donner un but clair : il ne s’agirait pas d’une Université d’été mais d’une réunion politique pour constituer un réseau formel bien identifié comprenant les communistes favorables à la lutte des classes et à l’application pratique de la théorie marxiste-léniniste, appartenant ou non à diverses organisations dont le PCF, sans limitation a priori mais à l’exclusion de ceux qui ont montré leur nature sectaire, avec une existence légale et une direction, un financement, avec une ligne claire qui ne sera pas difficile de déterminer en reprenant les idées communes des participants potentiels (au minimum dans ce réseau pour qu’il fasse événement j’imagine la participation de notre réseau dans le PCF, des différents groupes régionaux des Rouges vifs, le PRCF, le MPEP … liste non limitative bien sûr).
Socialisme au programme, patriotisme sans chauvinisme et maintien du cadre national français, refus de l’austérité et de l’arbitraire européens, de l’euro, de l’OTAN et lutte contre l’impérialisme, défense de la classe ouvrière et ré industrialisation, hausse des salaires et de l’emploi, développement des services publics, renationalisations et nationalisations, laïcité (ce thème ne fera pas unanimité mais il est essentiel pour l’unité du peuple).
Et une politique de communication. Ce réseau doit avoir un média bien identifié aussi, un journal c’est sans doute trop cher, mais un site c’est peu visible. Peut-être peut-il s’allier à une revue (« FAKIR » ?), ou une agence de presse déjà existants ?
Le réseau viserait en priorité par cette communication-action les militants ouvriers et syndicaux, et les classes populaires qui se sont détournées de la politique vers l’abstention et le vote FN, voire l’intégrisme. Il importe de définir très précisément ce qui peut être communiqué dans cette direction.
Le langage ne serait pas passéiste, nostalgique du PCF Marchais ou de l’URSS, mais en termes modernes se devrait de défendre le bilan de ce passé quand c’est utile. L’histoire du mouvement est assumée, elle n’est pas au centre du discours. Le langage doit être direct, populaire, imagé, il ne doit pas donner l’impression d’une leçon. Bien distinguer et rééquilibrer théorie, propagande, agitation. La priorité absolue est d’obtenir un minimum de crédibilité dans un environnement médiatique très hostile (Le PTB belge y est parvenu).
Sur les questions sociétales il faut trouver un équilibre : en parler le moins possible pour éviter d’être détourné du terrain des luttes sociales, mais cela ne signifie pas endosser des positions moralement réactionnaires par esprit de contradiction. On peut aussi se mettre d’accord pour neutraliser certains débats manifestement ouverts pour détourner le public des questions de fond.
On pourrait à plus long terme travailler à la sélection d’un groupe dirigeant, composés de camarades alliant expérience du travail, expérience politique et ou syndicale, relative jeunesse, sincérité et dynamisme. Pas pour un nouveau parti, mais pour animer un vrai réseau avec pignon sur rue.
La question de quitter ou de rentrer dans le PCF est un faux problème. Le PCF reste un milieu intellectuel, un lieu de vie et de rencontre, même s’il n’est plus une organisation efficace et qu’il peut s’avérer un leurre politique.
Ce réseau peut exister et se faire connaitre en se donnant des buts réalistes et modestes pour commencer mais parlants pour les classes populaires, en participant à des actions fortes, en direction du monde ouvrier, des quartiers pour rompre la glace. Il doit donc comporter des porte-paroles, des figures connues et populaires, si possibles issues des luttes, mais dont la notoriété ne les empêche pas de travailler collectif.
Au fond, le modèle provisoire d’organisation serait peut-être celui d’un Front dont le sens politique serait l’inverse du Front de gauche, un front regroupant non pas la « gauche » verbeuse pseudo radicale, mais un front communiste ouvrier (la chose mais pas le mot, il ne s’appellerait certainement pas ainsi, pour ne pas donner l’impression « d’une secte gauchiste de plus »). Il se reconnaitrait dans les faits à sa position sur l’Europe, le socialisme, l’OTAN, le bilan de l’URSS, la solidarité internationale, mais surtout sur sa participation concrète à la lutte des classes.
La force du Réseau dépendrait bien sûr de l’autodiscipline de ses membres, et de leur capacité à éviter les cacophonies, comme celle à laquelle donnent lieu les questions de tactique électorale. Pas plus que le PCF, le Front de Gauche ne devrait apparaitre comme un adversaire, un rival, voire un traitre à la cause, parce que le public n’y comprendrait rien. Malgré ses implications sinistres sous-jacentes, il vaudrait mieux le décrire comme une impasse tactique. Mélenchon, et après ?
G.Q.


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