P.G.E. : qu'es aco ?
Le « Parti de la Gauche Européenne » ou PGE a tenu congrès à Paris les 4 et 5 décembre. Petit événement, passé inaperçu des foules, même si c'est un Français qui en est devenu Président. Cette machine bureaucratique a ceci de particulier pour un parti qu'il n'a pas d'adhérents individuels, ou de militants, mais qu'il est composé de 38 (!) partis adhérents, petits ou minuscules, venant de 24 pays de la petite Europe supranationale des 27. Pour ceux qui en sont membres, comme le Pcf, c'est une bonne façon de recueillir des subsides de la dite « Europe », car, en contrepartie, le PGE, dans ses statuts, affirme son attachement à la construction supranationale. C'est déjà un engagement lourd à porter, quand on sait que la dite Europe est, depuis sa création après-guerre, destinée à faciliter les lois du marché aux capitaux, aux marchandises, aux hommes, en supprimant les entraves à l'exploitation que constituent les états nationaux, garants des conquêtes sociales. « L'Europe supranationale » a été dès 1950 celle des banquiers et spéculateurs, elle l'est encore et le restera tant qu'elle durera. Les proclamations du PGE de construire « une autre Europe », sociale, relèvent de l'incantation et de l'escroquerie, alors que tous les gouvernements qui la composent imposent à leurs peuples des reculs sociaux sans précédent, sous l'égide du FMI, à commence par ceux, socialistes, de Grèce, d'Espagne, etc.
Une pétition lancée par le PGE ne créera pas plus la panique chez les gouvernants européens que les effets de manche de Sarkozy contre les spéculateurs. D'autant plus que le but affirmé du PGE est de regrouper les partis communistes d'Europe, et des partis socialistes ou « ex-communistes » ou écologistes, qui y sont d’ores et déjà la majorité. Ainsi, pour la Grèce, le pays qui mène les actions les plus fortes et tenaces contre les reculs sociaux, essentiellement grâce au Parti Communiste de Grèce (KKE), ce n'est pas lui qui représente le pays au PGE, mais une petite organisation d'ex-communistes qui ont fait scission sur une base social-démocrate, en liaison avec les syndicats européens « réformistes » de la CISL. Le KKE a d'ailleurs ressenti la tenue du congrès du PGE comme une provocation, parce qu'il se tenait à la même date et concurremment une rencontre des partis communistes et ouvriers en Afrique du Sud. Les militants communistes français sont en droit d'être informés de tous ces faits. Ce n'est pas le cas jusqu'à présent.
Francis Arzalier


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