Présidentielle 2012 : Mélenchon et le « rêve général » du livre rouge (le point de vue de l'URCF)
« L’humain d’abord ! Partage des richesses ! Reprendre le pouvoir aux banques et aux marchés financiers, planification écologique, la République pour de vrai ! »
S’affranchir du Traité de Lisbonne sans faire mention du Traité de Maastricht…
Un rêve général porté par le Front de gauche (FDG), une alternative au parti socialiste pour contrer la révolution. Un capitalisme à visage humain. « L’humain d’abord » est un mot d’ordre conciliateur entre le patronat et les ouvriers exploités, une sorte de partenariat social. « Partager les richesses », « la France est plus riche que jamais », plus elle est endettée, plus elle est riche, 1 600 milliards de dette, mais 84 milliards de profits en 2011 pour les entreprises du CAC 40. Les richesses ne sont-elles pas déjà partagées ? D’un côté les salaires, à qui le Capital demande d’assumer le payement des garanties sociales avec l’augmentation de la TVA sociale ou de la CSG et de l’autre le profit dont la soif est insatiable. La proposition du FDG pour le SMIC à 1700 euros, au prix de 5 points d’inflation selon Mélenchon, sans aucun contrôle sur les profits.
Tout doit aller pour le mieux dans le meilleur des mondes, on nous promet un « contrôle social des banques », les moins rentables cela va sans dire, mais, Mélenchon nous l’assure, il appartiendra à la BCE d’assumer la résorption du chômage ! Un capitalisme social qui renonce à la logique du profit, un monde rose bonbon qui rejette les patrons voyous, les méchants, pour ne garder que les bons. Comment imaginer qu’une banque privée comme la BCE pourra agir pour l’emploi et les salaires contre les délocalisations et la spéculation ?
Comment peut-on soustraire la France des organismes de l’UE, des pilleurs internationaux comme le FMI, en s’appuyant sur des gouvernements capitalistes qui n’ont pour règle qu’un seul objectif, le profit individuel et privé des plus grosses sociétés monopolistes et financières ? Il faut, selon Front de gauche, planifier ! Autrefois, quand on parlait de planification, on pensait à la planification économique — comme en URSS-, aujourd’hui, Mélenchon n’évoque la planification que sous l’angle écologique. Peu importe, la sixième République sera une République pour de vrai ! Alors prenez le pouvoir ! Tel est le mot d’ordre lancé par Mélenchon. S’agit-il de remplacer à l’occasion de l’élection présidentielle des individus par d’autres pour diriger l’État ? Dans une entreprise, lorsque l’on change le patron, le rapport d’exploitation des travailleurs reste le même ! Quand bien même on changerait l’organisation du travail, le principe de l’extraction de la plus-value ne serait pas ébranlé !
Alors peut-on parler d’une sixième République en faisant l’impasse sur les luttes et les revendications qui justifient l’irruption des masses sur le terrain démocratique, par le moyen de la démocratie directe. La lutte pour la mise en place d’une Constituante, n’en déplaise à J-L. Mélenchon, prend l’aspect de comités populaires dans les quartiers et les entreprises, leur objectif étant d’obtenir le maximum de droits démocratiques, la proportionnelle intégrale, l’égalité d’accès aux médias d’Etat, la déprofessionnalisation de la vie politique [le fait que les parlementaires restent des salariés pendant leur mandat], et le droit de révocation des élus qui trahissent leurs engagements.
Une Constituante se réalise avec des objectifs de lutte basés sur l’expression des besoins. Cet objectif est assumé par l’URCF avant pendant et après les élections présidentielles, car il est indissociable de la révolution socialiste.
L’appropriation sociale des moyens de production et d’échange, avec la planification démocratique de l’économie, représente les vrais objectifs révolutionnaires.
Un rêve ? Peut-être, mais celui-là n’est pas séparé de son évolution vers la réalité, plus proche que ce que la gauche réformiste, avec son projet alter capitaliste, ne se l’imagine. Alors inutile d’essayer de produire du rêve tout en rendant sa réalisation impossible : l’expression des besoins sociaux aura tôt ou tard raison des illusions réformistes, politiciennes et dangereuses qui visent à pérenniser le pouvoir du Capital. La colère qui aujourd’hui exprime un rejet du pouvoir de Sarkozy, sous-entend le rejet de ce qui l’anime, le rejet du capitalisme, et aspire à la révolution socialiste !
l’Union des Révolutionnaires Communistes de France
Le 9 avril 2012


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