PSA : Défendre l’usine d’Aulnay, et le site de Rennes
Le 28 juin 2012, les travailleurs de PSA de tous les sites de France et même de quelques sites étrangers manifestaient devant le siège du groupe contre la fermeture programmée de l’usine d’Aulnay sous-bois (plus de 3000 salariés, dont environ 300 en intérim).
Cette usine produit la C3 dont la fin est programmée pour 2016, et qui est aussi fabriquée à l’usine de Poissy. L’arrêt des investissements et le passage à deux équipes confortent aussi les craintes des travailleurs. Un CCE extraordinaire s’est tenu le 11 juillet 2012.
C’est la CGT qui avait dévoilé en juin 2011 un document interne prévoyant la fermeture de l’usine d’Aulnay en 2014. Le groupe s’est rapproché de General Motors (monopole américain) qui a acquis 7% du capital, avec qui il compte produire des automobiles en 2016.
Le plan d’économies de la direction s’élève à 1 milliard d’euros et entraînerait la suppression de 6000 postes en Europe dont 4300 en France.
Alors que les usines ne tournent pas à plein, la direction estime encore à 20% les surcapacités.
En 2011, le chiffre d’affaires atteignait 60 milliards pour un bénéfice net de 588 millions, et il avait atteint 1,1 milliard en 2010 (déductions faites des salaires et des colossales indemnités des dirigeants et cadres supérieurs) !
À peine la lutte commencée, malgré une apparence de front commun pour le maintien du site, se profile la division et la trahison. Un délégué central de FO a ainsi déclaré, après avoir rencontré Varin : “On a dit que l’on n’était pas dupe. Nous savons que nous n’allons pas pouvoir continuer de maintenir un site comme celui-là dans le contexte économique actuel, il est urgent de dire la vérité aux salariés et de leur proposer une nouvelle porte ouverte, du style réindustrialisation”.
Outre le fait que de telles affirmations mettent en lumière la signification des slogans sur la réindustrialisation sous le capitalisme, c’est-à-dire rien de plus que des promesses pour faire accepter par les travailleurs les fermetures d’usines et neutraliser leurs luttes, ce discours est conséquent avec l’idéologie de la bourgeoisie qui subordonne la production aux profits et non aux besoins. En tout cas, FO tombe déjà le masque, alors que même la présidente du SIA à Aulnay (« syndicat » maison pro-patronal (ex CSL, ex CFT) s’en tient au moins à dire qu’ « Aulnay est une des meilleures usines du groupe. Il n’y a pas besoin qu’on la ferme ».
Pour l’URCF, l’heure n’est plus à se lamenter ni à attendre que la direction dévoile ses intentions, mais à passer à l’offensive pour exiger la nationalisation sans indemnités du groupe PSA qui a reçu des milliards d’euros de subventions de l’État, et pour interdire la fermeture et tous les licenciements programmés. Nous proposons de rejeter les discours fatalistes et attentistes vis-à-vis de l’État au service des monopoles.
Dans la continuité de la lutte de 2007, il faut aussi revendiquer partout l’embauche de tous les intérimaires, la possibilité de partir en retraite pour les travailleurs de plus de 55 ans, et 300 euros d’augmentation pour tous. Ces gains ne se feront que par une lutte de grande ampleur de tous les ouvriers du groupe automobile, lutte à laquelle l’URCF est prête à contribuer dans tous ses volets.
Une grande lutte qui montrera l’exemple à suivre à tout le salariat pour sauver les emplois et faire payer la crise au Capital, l’occasion aussi de montrer la force collective extraordinaire des travailleurs en lutte. Le mot d’ordre de nationalisation sans indemnité et sous contrôle ouvrier de PSA pourra créer une brèche dans le dispositif de liquidation de la classe ouvrière et de l’industrie en France. Un vaste mouvement de toutes les usines menacées de fermetures doit se créer autour de la question de la propriété. Ce secteur nationalisé constitué veillerait à produire des voitures solides et bon marché, des machines agricoles, des bus, et s’insérerait dans un large pôle industriel automobile où les différents modes de déplacements modernes se combineraient dans la complémentarité pour satisfaire les besoins.
De tels pôles restent cependant dans le cadre du capitalisme et de la dictature de son État.
Mais les véritables révolutionnaires se distinguent par la capacité à relier les tactiques mises en œuvre à la victoire stratégique. Ces pôles ne verront le jour que par une lutte de classes acharnée où les besoins sociaux et économiques revendiqués se heurteront à la dictature de classe de l’État bourgeois au service des monopoles et de son oligarchie financière qui apparaitra aux yeux d’un grand nombre comme arc-boutée sur ses étroits intérêts de classe, incapable de répondre aux besoins de l’humanité. Si les communistes révolutionnaires jouent leur rôle, se posera alors comme seule solution durable, par la révolution socialiste, l’élimination politique de l’oligarchie capitaliste, le bris de l’État bourgeois, le pouvoir ouvrier de l’entreprise à l’État engageant le pays dans la construction du socialisme.
L’Union des Révolutionnaires Communistes de France
Le 14 juillet 2012


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