Qui possède commande : une tribune de Jean Lévy
Dans notre pays, des groupes privés possèdent l’essentiel des moyens de production et d’échange. Ainsi, les propriétaires (de fait, les Conseils d’administration des entreprises), commandent aux destinées de l’économie française. Ce sont eux qui décident des choix déterminant pour l’avenir de leurs sociétés, choix fixé par le seul objectif de faire fructifier au maximum leurs profits, dans un temps réduit au minimum.
Nulle question de prendre en compte d’autres considérations, telles que l’intérêt de la nation ou la satisfaction des besoins de la population. Si l’intérêt des actionnaires, du montant de leurs dividendes, exige une délocalisation de la production à l’étranger, voire de réduire ou d’arrêter toute activité jugée « non rentable », la décision est prise sans souci aucun ni de l’avenir des salariés, ni de l’intérêt national.
Ce qui explique la montée continue du chômage et du sous-emploi en France, et la réduction massive de son outil industriel.
Les patrons tentent de justifier cette attitude en arguant du coût du travail en France. Pour poursuivre leurs activités sur notre sol, la nécessité exigerait, prétendent-il, des mesures tendant à réduire ce coût.
Que le chômage, le sous-emploi, aient également un coup, non seulement social, mais structurel, au niveau des ressources de la nation, de ses richesses, et partant de son avenir, n’entrent pas en ligne de compte dans les calculs du patronat.
Cet état de chose peut-il changer tant que les rapports de production ne sont pas modifiés ?
Non ! Qui possède, commande !
Comme la fausse gauche comme la vraie droite sont acquises aux vertus du « marché », l’espace où se jouent les rapports de force découlant de la possession privée des moyens de production et d’échange – ce ne peut pas être un changement de majorité, l’alternance comme on dit, qui modifie la nature de la société dans laquelle nous vivons. La politique, au niveau des choix économiques et sociaux, menée par les uns comme par les autres, demeurera la même.
Inutile de vitupérer sur la « trahison » des « socialistes » ou de la politique « rétrograde » de la droite. Leur vision commune de la société – le capitalisme –induit pour chacune de ces forces des choix identiques.
Seule une rupture avec le capitalisme peut ouvrir des voies nouvelles de développement à notre pays.
C’est la seule chance de survie pour la France.
Jean Lévy
Le 13 janvier 2013


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