« SOYONS COMMUNISTES, exigeons l’impossible ! »
Ce texte part d’un article paru en décembre 2012, dans le très libéral journal « The Economist », la presse de chevet des chantres libéraux, la véritable bible des élites mondialisées, qui consacrait un article sur la véracité du salaire minimum. « Le journaleux » se demandait si le salaire minimum était vraiment nécessaire et surtout à quel niveau il devait être fixé. Pour comprendre, rappelons qu’en France, le SMIC (1 445,38 euros (9470 F.) bruts mensuels soit 1128 euros nets (7400 F.) sur la base de 35 heures hebdomadaires) représente environ à 60% du salaire moyen. Plongeons nous dans la glaçante pensée néolibérale.
Les penseurs néolibéraux qui œuvrent en souterrain dans les luxueux bureaux du grand capital osent tout. Pour eux, l’économie est une science déshumanisée faite de chiffres, de fraction et de pourcentages. D’ailleurs The Economist cite son mentor, Milton Friedman : « le salaire minimum est une forme de discrimination contre les travailleurs sans qualification ». Oser parler de « discrimination » à propos d’une Loi qui permet d’empêcher de payer un salaire de misère sans minimum, en dit déjà long sur ce personnage qui aujourd’hui, grille en enfer… du moins espérons-le si l’enfer existe… Mais c’est la pleine réalité de la pensée ultralibérale d’un système capitaliste complétement décomplexé et accompagné d’une part par les politiciens corrompus que pourtant nous élisons, et de l’autre par des syndicalistes jaunes.
Certains économistes confortent l’idée qu’un patronat qui possède un fort pouvoir, il peut à sa guise fixer les salaires à un bas niveau. Ceci ne sous-entend pas, c’est carrément l’expression décomplexée d’un ultralibéralisme vainqueur dans tous les domaines, c’est exactement ce qu’affirmait il y a quelques années Warren Buffet, qui possède la 3ème fortune mondiale : « il existe bel et bien une guerre des classes mais c'est ma classe, la classe des riches qui fait la guerre et c'est nous qui gagnons » En effet, 93% des richesses vont à 1%, c’est-à-dire que 7% des richesses vont à 99% en sachant que ces 7% sont très mal répartis.
La bible de l’ultralibéralisme est cynique, froide et inhumaine, car ses « journalistes », experts en économie libérale et agents troubles du capital ne se posent jamais la question du niveau du seuil de pauvreté, de l’évolution des salaires qui baissent fatalement, et de la dégradation des conditions de travail. Pour cette bande organisée de voyous, il est tout à fait normal que les êtres humains soient au service de cette économie libérale, et ils en font la démonstration en s’appuyant sur la chute de l’économie socialiste où l’économie est au service de l’homme, persuadés qu’ils sont que l’ultralibéralisme va servir l’humanité, du moins une minorité de cette humanité.
Ces experts patentés qui hantent les média comme des fantômes les châteaux, voudraient nous démontrer que la part des salaires bruts est trop importante, que les « charges » (cotisations sociales) sont trop lourdes, et que cela nuit gravement à la compétitivité, donc à la profitabilité, donc à l’investissement, donc à l’emploi…
Jamais, ces experts patentés et grassement payés qui imposent la théorie libérale comme une science figée, ne mettent en avant la dégradation des conditions de la classe exploitée, pourtant personne ne peut aujourd’hui nier qu’une grande partie (20%) de la population survit comme elle peut avec les subsides des aides sociales et le travail informel, que la classe ouvrière liée directement à la production réelle des richesses, se prolétarise à nouveau, et que les classes moyennes et intermédiaires sont touchées par une baisse de leur pouvoir d’achat.
A tout ceci, s’ajoutent une grosse attaque frontale est menée contre les acquis des conquêtes sociales, contre le droit du travail et ses institutions, et une profonde réorganisation des cadences de travail, comme le passage aux 4x8h qui nuisent gravement à la santé physique et psychologique, l’exclusion des salariés ayant des lacunes physiques, et des accords de compétitivité qui remettent en question les temps de repos, les temps de pause, les congés payés…
Tout est mis en place pour appliquer plus de flexibilité et d’annualisation du temps de travail pour adapter les productions aux commandes, pour rendre les salariés corvéables à souhait selon les aléas… La masse salariale adaptable est devenue une variable d’ajustement qui influe sur les salaires et sur les emplois, créant ainsi une concurrence entre travailleurs d’une même classe et donc une division à l’intérieur même de notre classe sociale.
D’ailleurs, pour démontrer cela, il suffit de s’appuyer sur deux sondages récents, qui sont ce qu’ils sont et certes orientés, mais quand même ils démontrent cette division et cette concurrence ressenties entre travailleurs : celui concernant les statuts des fonctionnaires dont l’emploi était jusqu’à aujourd’hui protégé avec des avancements par points, et sur les demandeurs d’emplois et les bénéficiaires des minima sociaux, dont les indemnités et les aides sociales, vont être remises en question dans les prochains mois.
La conclusion de « The Economist » est sans équivoque quant à la pensée ultralibérale : « Quels que soient leurs défauts, les bas salaires vont persister »… Cette conclusion libérale ne donne aucun seuil minimum et elle ne mesure même pas l’impact provoqué par une telle phrase, sur les travailleurs pauvres et de plus en plus appauvris.
Mais comment en serait-il autrement quand l’OMC, dirigée par le social-démocrate français Pascal Lamy et le FMI dirigé par le social-démocrate français Dominique Strauss-Kahn déclaraient ensemble il y a quelques années : « un salaire minimum modéré fait probablement plus de bien que de mal et ce salaire minimum modéré signifie entre 30 et 40% du salaire médian » et celle de l’OCDE en 2012 : « A 60 % du salaire médian contre 48 % en moyenne dans l’OCDE, le salaire minimum rapporté au salaire médian est plus élevé en France que dans n’importe quel pays de l’OCDE … »
On comprend ainsi mieux les raisons de la loi issue de l’accord ANI, de la réforme de la formation professionnelle, de la réforme de la retraite, de la réforme des institutions liées au travail et des champs territoriaux, et du « pacte (du diable) de responsabilité »…
Si grâce à ses luttes sociales, les travailleurs de France ont obtenu le niveau le « plus élevé » de la sélection (Grande-Bretagne, USA, Allemagne…) avec un SMIC à 60% du salaire médian, cela sous-entend que la France a désormais un niveau de SMIC trop élevé de 20 à 30%...
Chacun comprendra que pour les libéraux, les 1128 euros nets par mois peuvent être baissés de 200 euros, pour aboutir à un smic net à 900 euros (5900 F.), un chiffre égal à la valeur du futur SMIC Fédéral allemand (920 euros nets) qui sera la base d’un SMIC européen, puisque le Ministre français de l’économie avait affirmé à propos de cette mise en place : « c’est le signal d’une approche européenne plus coopérative »… Mais supérieur à celui du Royaume-Uni dont le minima est à 3,60£/heure (4 euros), d’où la grogne de Cameron.
Voilà le fond de la pensée néolibérale de l’Europe de Barroso et de Draghi, de François Hollande, de son gouvernement et de sa majorité libérale-sociale qui lui est inféodée jusqu’à la lie (en y ajoutant ses partenaires locaux), et cela explique la faiblesse de la hausse du Smic depuis son arrivée à la tête de l’Etat en 2012, et les 12 euros nets mensuels (13 baguettes ou 10 steaks hachés de supermarché ), accordés le 1er janvier 2014 (1,1%) alors que le patronat avait lui-même annoncé « pas plus de 1,4% ».
Le pire est que dans cette grande démocratie qui aime donner des leçons au monde, qui ose parler du « pacte social à la française », si on écrivait « que les néolibéraux essaient de vivre quelques semaines avec le SMIC qu’ils recommandent, de travailler de 35 h. à 48 h. par poste, à la chaîne ou sur le chantier… ! »…Nous serions traités de populistes-démagogues-inconscients… voire atteint d’une maladie infantile qu’est le gauchisme !
Qui dans les masses laborieuses, à part les syndicalistes jaunes ou les racistes patentés, peut accepter cette dégradation des salaires et des conditions de travail, ce retour vers les années de « Germinal » de nos vies, quand 5 000 000 de travailleurs n’ont pas d’emplois, quand près de 10 000 000 de notre propre classe sociale vivent sous le seuil de pauvreté, quand plus de 5 000 000 ont des conditions de logements dégradées voire insalubres et 3 000 000 se soignent au compte-gouttes… ? Alors que la France est la 5ème puissance économique du monde et la 3ème puissance militaire ?
Une barricade n’a toujours que deux 2 côtés, jamais trois ! Et il n’y a que deux voies possibles, jamais trois: le capitalisme et ses annexes impérialistes, libérales, et fascistes, dirigés par les banquiers et les multinationales… ou le socialisme dirigé par notre classe pour supprimer les classes et l’exploitation de l’homme par le capital, et mettre l’économie au service du peuple et pas l’inverse comme nous la subissons !
José Manuel Barroso devant le Parlement européen à Strasbourg en avril 2012. « Un ajustement rapide des coûts du travail est nécessaire pour combattre le chômage et restaurer la compétitivité de l'économie. L'objectif devrait être une réduction de 15 % des coûts nominaux du travail ». Bien-sûr il parlait de la Grèce, mais en sous-entendu, il s’adressait à l’ensemble des gouvernements de la zone euro, souvenons-nous du vote des ministres de l’économie, dont Moscovici pour redresser l’économie grecque pillée par les requins mafieux de Goldman-Sachs avec la bénédiction du FMI, de l’OMC, de la BCE et de la Troïka emmenée par Merkel.
Le 8 février 2014
Cercle Ouvrier du Bassin Minier Ouest du Pas-de-Calais
Source : http://joukov.eklablog.com/


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