Travailler moins pour lire plus: Un livre de Louis Aminot : « Zef ou l’enfance infinie...Carnets de bord d’un apprenti ».
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Louis Aminot
Zef ou l’enfance infinie...Carnets de bord d’un apprenti.
Paris, éditions Syllepse, 2008, 196 pages , 13euros.
L’auteur. Ancien technicien de l’Arsenal, en 1977, Louis Aminot devient le "premier adjoint aux sports de gauche" de la ville de Brest. Après l'échec cinglant du PCF aux présidentielles (1981) et aux européennes (1984), membre du secrétariat de la fédération communiste de 1965 à 1986, Louis est suspecté de cultiver des amitiés « liquidatrices » en haut de la direction du Parti, place du colonel Fabien. Après des manoeuvres mensongères et d'odieuses mises en scène, affolé, le bureau politique impose la dissolution de la Fédération Finistère-nord. A cette époque, de nombreux militants et cadres nationaux du Parti communiste critiquent "tant l’autoritarisme que l’opportunisme" du groupe Marchais. Ils lui reprochent d'étancher sa soif de domination sur l'appareil dans le déclin amorcé de l’influence communiste. Par centaines les communistes refusent la soumission. Ils sont brutalement évincés. Celles et ceux qui deviennent les "Rénovateurs" adoptent un Manifeste et présentent Pierre Juquin aux présidentielles (1988). Membre fondateur du Mouvement des Rénovateurs Communistes, Louis Aminot participe au staff de campagne de Pierre Juquin. Il y côtoie Maurice Kriegel-Varimont. De cela, le lecteur ignorera tout car le choix a été fait de ne pas fournir la moindre indication sur l’auteur de ces souvenirs d’enfance. Seule la lecture des personnes remerciées en début d’ouvrage permet de repérer une certaine filiation.
Le livre. L’histoire racontée est celle d’un garçon qui voit son bonheur brisé par la disparition de sa mère chérie. Le monde jusqu’alors enchanté de l’enfance se transforme peu à peu en un univers de cauchemar auprès d’un père déboussolé dont la préoccupation se réduit à caser au plus vite son fiston. Il faut dire que ce père travaille beaucoup, comme tout le monde à l’époque (le milieu des années 50). Cet homme meurtri n’avait jamais imaginé devoir assumer seul l’éducation de sa descendance après un sale coup du sort. Jusqu’alors, répartition sexuée des tâches oblige, sa femme s’occupait de gérer le foyer. Bien que bon élève, le père n’aura de cesse que son fils inscrive son destin dans ses propres pas et devienne apprenti à l’Arsenal. C’est ce monde rude, masculin où l’amour est chiche que décrit avec brio Louis Aminot. Loin de tout angélisme sur la découverte du métier, c’est un univers disparu, celui du travail manuel appris depuis le plus jeune âge, qui porte ces pages. La joie est rare, les relations rudes, le verbe haut. Heureusement, doté d’une bicyclette, le gamin découvre un territoire, marqué parfois par les revendications et les grèves. Ce sera son espace et ses références où la solidarité figure aussi dans le paysage. Sans mélancolie aucune, cette autobiographie fait découvrir un pan d’une mémoire ouvrière qui fait figure aujourd’hui de continent disparu. (Editions Syllepse).
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