U.R.C.F : « Pas de combat contre l’Union Européenne sans lutte contre le capitalisme ! »
Qui mieux que nos camarades grecs du KKE peut faire la démonstration des effets catastrophiques, pour les travailleurs et la jeunesse de Grèce, de l’entrée de leur pays dans l’UE ?
Comme le fait l’URCF pour la France, le KKE rappelle la responsabilité première de la classe au pouvoir, la classe capitaliste, représentée alternativement par des gouvernements « de droite » et « de gauche », dans la mise en place de plans d’austérité criminels pour une part croissante de la population. C’est ce que l’on peut lire dans la lettre adressée par le KKE au Parti de la Gauche européenne (dont le Front de gauche est la branche française), sous le titre évocateur : « Les larmes de crocodile sur la Grèce, cela suffit ! ».
L’URCF ne peut que souscrire à ces critiques, confirmées par la lecture des nouveaux Traités européens adoptés récemment par les dirigeants des États européens, et ratifiés par le parlement français le 21 février 2012, avec la « bienveillante » abstention des députés du PS.
Le MES (« Mécanisme européen de stabilité ») n’est rien d’autre qu’une structure de plus au service de l’oligarchie financière : censée assurer la « gestion des crises financières de la zone euro », cette société anonyme (composée d’actionnaires, donc), échappant à tout contrôle parlementaire et dirigée par un « conseil des gouverneurs » (les ministres des finances des 17 pays membres), pourra lever des fonds sur les marchés pour « aider des pays qui rencontreraient des difficultés » (sic !). Mais bien sûr, cette aide sera conditionnée à l’acceptation de la « règle d’or » du « Pacte de stabilité », c’est-à-dire à la mise en place de nouveaux plans d’austérité au nom de la « réduction des déficits publics ».
Dans la continuité des Traités de Maastricht et de Lisbonne, le MES, comme nouvel outil de la politique dictatoriale du capitalisme européen, rend encore plus illusoire les velléités réformistes de ceux qui veulent une « autre Europe ».
Il nous faut sans faiblir dénoncer l’UE comme machine de guerre contre le niveau de vie et les libertés des peuples, en montrant le caractère de classe des décisions prises au sein de ses instances : son caractère belliciste (Yougoslavie, Afghanistan, Libye), antisocial (chômage et précarité endémiques, liquidation des conquêtes sociales du XXème siècle, allongement de la durée du travail et de carrière, délocalisations, restrictions drastiques de dépenses publiques, baisse du pouvoir d’achat, etc.) et antidémocratique doit nous rappeler que l’UE a été construite par et pour les monopoles, pour élargir le marché à l’échelle de l’Europe et du monde.
Malgré cela, le Front de gauche prétend « possible » une « autre Europe » dans le cadre de l’UE. Comment ? « Par la transformation des statuts de la Banque centrale Européenne » en « banque pour l’emploi et la relance » sans toucher à la propriété capitaliste, par « une véritable gouvernance de la zone euro », « par une autre répartition des richesses ».
Pour mieux faire avaliser leur politique, les monopoles ont besoin d’une gauche qui « conteste » et qui sème des illusions à la fois sur le cadre de l’UE et du capitalisme. En effet subventionnés par l’UE, le Parti de la gauche européenne et la CES (confédération européenne des syndicats) ne peuvent mener une opposition frontale et indépendante. L’opportunisme contemporain prend la forme d’un « alter capitalisme » (un autre capitalisme) fondé sur une prétendue opposition du capitalisme industriel et de la finance. C’est oublier l’analyse magistrale de Lénine sur la fusion du capital industriel et bancaire au stade du capitalisme de monopoles !
D’autres préconisent une sortie de l’euro (toujours dans le cadre du capitalisme), le « protectionnisme national ou européen ». C’est oublier les traits du capitalisme contemporain fondé sur la dépendance et l’interdépendance entre les pays. On ne peut aménager l’UE ou les États nationaux pour faire « une autre politique », car précisément, pour pérenniser le capitalisme, règne le pouvoir (la dictature de classe) du capital financier dans l’entreprise, l’État, les Unions impérialistes.
Est-on pour autant impuissants ? Non, il faut transformer le rejet exprimé des conséquences de la politique européenne lors du référendum, en stratégie dirigée contre l’UE et ce qui sous-tend sa politique, le système capitaliste. Ce sont tout d’abord les grèves massives et continues, les actions multiformes pour faire payer au Capital sa crise et ses dettes (en France les aides au Capital constituent une large partie de la dette). Dans les luttes émergera le projet anticapitaliste d’autant plus vite si nous reconstruisons un véritable Parti communiste, révolutionnaire, qui ne peut être porté que par la classe ouvrière en alliance avec les autres catégories de travailleurs.
L’UE et le capitalisme ne sont pas aménageables dans l’intérêt populaire ; la rupture avec l’UE est donc un combat vital, indissociable de la lutte pour renverser le capitalisme.
Le chemin révolutionnaire sera long et difficile mais pour l’émancipation des exploités et opprimés, la solution c’est le socialisme avec le pouvoir ouvrier, l’appropriation sociale des monopoles et banques, la planification économique, la paix, une démocratie supérieure, celle du travail !
L’Union des Communistes Révolutionnaires de France
Le 9 avril 2012


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