TURQUIE : Erdogan désigne son ennemi : LES KURDES
Plusieurs organisations kurdes se sont rassemblées à Bruxelles, pour dénoncer la «politique militariste» de la Turquie, dirigée contre les Kurdes.
Les média ont fait grand cas de « l'engagement » de la Turquie dans la coalition anti Etat islamique en Syrie. Une réunion plénière de l'OTAN consacrée à cette question, a pleinement approuvé l'attitude de la Turquie dans sa « lutte contre le terrorisme ». Derrière cette façade, il y a une autre réalité : celle de l'engagement officiel de la Turquie dans la stratégie impérialiste pour liquider l’État syrien et les forces progressistes kurdes qui en Irak, en Syrie et en Turquie même ont fait d'importantes avancées.
S'il n'est pas nouveau que la Turquie aide politiquement, financièrement et militairement les forces de mercenaires qui luttent pour le démembrement de l’État syrien au profit des USA et de l'UE, son engagement symbolique contre Daech sert de prétexte à une intervention massive contre les forces progressistes kurdes. Son intervention en Syrie a aussi pour but de guerre de mettre en œuvre une zone d'exclusion au nord de ce pays, zone actuellement en partie contrôlée par les forces kurdes. Cette zone doit devenir le sanctuaire pour la soi-disant opposition modérée et servir de carte dans la négociation qui s'annonce pour le repartage de la Syrie. La Turquie est le bras armé de l'OTAN dans cette région. Elle joue avec Israël un rôle majeur pour la mise en œuvre du démantèlement de la région et son repartage entre les forces impérialistes et les intérêts monopolistes en particulier pétrolier et gazier.
Ce conflit n’est ni une guerre de religion ni une guerre de civilisation, il a pour but l’appropriation des zones pétrolières et gazières non encore explorées en particulier dans les zones majoritairement kurdes, mais aussi des importantes réserves d’eau. Il est pour les USA et l'UE une zone stratégique située au centre d’un axe qui relie la Russie à l’Iran et au cœur des axes qui relient la Mer Noire à l’Océan Indien et la Mer Caspienne à la Méditerrané. Les Kurdes sont au centre d’une zone où les enjeux sont énormes pour les monopoles capitalistes : l’énergie, l’eau, les territoires.
En Turquie l'OTAN a plus de vingt bases militaires, renforcées par des batteries de missiles étasuniennes, allemandes et espagnoles. En Turquie encore, à Izmir, l’OTAN a transféré le commandement des forces terrestres des 28 pays membres. Des enquêtes du New York Times et du Guardian montrent que des centres d'entraînement de militants islamiques provenant d’Afghanistan, Bosnie, Tchétchénie, Libye et d'autres pays, existent en Turquie où ils préparent et arment les mercenaires pour des actions terroristes en Syrie. C'est dire l'importance stratégique de la Turquie et le rôle qui lui est attribué dans la lutte pour le contrôle du Moyen et du Proche-Orient.
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