Un « Catexit » après les élections en CATALOGNE ?
A quelques jours des élections régionales prévues en Catalogne le 27 septembre, le gouverneur de la Banque centrale espagnole (Banque d’Espagne) a pointé le risque de « Catexit » au cas où les électeurs plébisciteraient les partis qui se sont engagés pour l’indépendance de la province.
A Barcelone, ces propos de Luis Maria Linde évoquant une sortie de la Catalogne hors de la zone euro ont été interprétés comme une menace. Une Catalogne indépendante ne ferait plus partie de l’Union européenne, et ne pourrait donc plus utiliser la monnaie unique, a estimé le gouverneur, qui a même précisé : « les banques catalanes pourraient cesser d’avoir accès au refinancement de la Banque centrale européenne ».
M. Linde appartenant au Conseil des gouverneurs de la BCE, ses propos n’ont pas manqué de rappeler l’attitude de cette dernière vis-à-vis de la Grèce, voire précédemment de l’Irlande : ces pays avaient dû faire face à une menace de se voir couper les liquidités. Une entorse au principe selon lequel l’institut de Francfort, qui martèle son indépendance vis-à-vis des responsables politiques, est censé, en retour, ne pas empiéter sur le terrain de ceux-ci.
Pourtant, dans le cas de figure catalan, les différents protagonistes partagent la même « foi européenne » et chantent les louanges de l’UE et de l’euro. C’est le cas tant pour le gouvernement central de Madrid, que pour les partis indépendantistes de Catalogne. Le premier tente de convaincre les électeurs de ne pas suivre les seconds, en agitant des perspectives censées effrayer les citoyens. La réalité est que la sécession éventuelle de la Catalogne aboutirait à une grande incertitude juridique, ce cas de figure n’étant pas prévu par les traités.
En vue des élections régionales, les deux grandes formations favorables à l’indépendance – la Convergence démocratique de Catalogne (CDC, droite) du président régional sortant, et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) ont décidé de présenter une liste commune, Junts pel Si. Au cas où cette liste, flanquée de la liste d’extrême-gauche, réunirait une majorité de députés, les dirigeants de cette coalition ont promis de s’engager dans la voie de l’indépendance, fût-ce en violant la légalité espagnole. Les sondages affirment qu’une telle hypothèse n’est pas exclue, au grand dam de Madrid.
Il reste que d’autres forces, comme ladite « gauche radicale » autour de Podemos, se sont exprimées pour que la campagne soit plus orientée sur les questions sociales que sur le débat à propos de l’indépendance.
La question est d’autant plus cruciale qu’un argument des indépendantistes insiste sur les « transferts » (notamment fiscaux et sociaux) jugés excessifs de Barcelone vers Madrid. « On paye trop pour les régions pauvres » font valoir fréquemment beaucoup d’indépendantistes. Une crainte qui ne semble cependant pas les effrayer dans l’hypothèse d’une Catalogne devenue un Etat membre indépendant au sein de l’UE. Bref, vive la solidarité européenne, mais non à la solidarité espagnole…
(Plus d’informations, d’analyses et de commentaires dans l’édition papier de Ruptures à paraître le 29 septembre 2015)


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