Construction du FRONT populaire et reconstruction du Parti COMMUNISTE : Les opposer métaphysiquement ou les articuler dialectiquement ? [par Georges GASTAUD]

Le centenaire d’Octobre 1917 est placé sous haute pression réactionnaire. La contre-révolution a triomphé (provisoirement) à l’Est et les contre-réformes se déchaînent à l’Ouest et dans les pays du Sud sur fond de guerres impérialistes, d’ingérences pseudo-humanitaires, de remontée des pires courants de l’histoire (intégristes religieux, néonazis ukrainiens, super-faucons états-uniens, racistes franco-français…) de négation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, de prédations environnementales potentiellement irréversibles, d’américanisation galopante de la culture et de la langue, de montée de la barbarie, de marche à la guerre mondiale sous l’impulsion de Donald Trump. Avec pour toute réponse la marche à l’Europe impériale et la mise en place d’États policiers belliqueux et tentaculaires…
Dans ces conditions, nombre de dirigeants « progressistes » sont tentés de « jeter du lest » et, s’agissant des dirigeants du PCF, de rompre leurs ultimes (et feintes) amarres avec le marxisme, sans parler des références à Lénine et de l’héritage patriotique mal assumé du PCF de 36 et de la Résistance. Alors que la droite dite républicaine singe le FN ou dérive vers le thatchérisme débridé, que les résidus du PS se rêvent en parti démocrate à l’américaine et que le PCF parachève sa mutation en section hexagonale du Parti de la gauche européenne, les Éditions Delga ont demandé à Georges Gastaud, philosophe, secrétaire du Pôle de Renaissance Communiste en France, de s’exprimer sur cette question plus ouverte que ne le laisse croire la criminalisation bien-pensante du communisme historique : la révolution prolétarienne, le socialisme-communisme ouvrent-ils encore une issue progressiste possible à l’impasse du capitalisme euro-mondialisé ?
Prix public 15 euros
ISBN 978-2-37607-120-4

Par Georges Gastaud, auteur du Nouveau défi léniniste (Delga, 2017)
L’opportunisme de droite refuse la « forme-parti » au nom du « front » progressiste…
Certains ex-communistes croient que la construction du front patriotique et populaire passe par la liquidation de ce « boulet » bien connu : le parti communiste, la théorie marxiste, et pour finir la conquête par la classe ouvrière du rôle dirigeant dans le mouvement populaire anti-oligarchique. « Mutants » à la R. Hue, « métamorphoseurs » à la Laurent, « refondateurs » à la Martelli, « rénovateurs » à la Juquin et j’en passe, ces « novateurs » ont réussi à dénaturer irréversiblement ce qui subsiste encore sous le sigle largement usurpé du PCF. En revanche, le seul « front » que l’opportunisme et le révisionnisme de droite soient jamais parvenus à « construire » périodiquement – on l’a encore vu aux sénatoriales ! – c’est un bloc sans principe derrière la social-démocratie, et cela au nom de la sempiternelle « union de la gauche » sous domination euro-réformiste. Au final, la « modernité » de ces courants anti-léninistes assumés consiste à rabattre vers le slogan mensonger de l’ « Europe sociale » qui attache au parti « socialiste » un PCF désormais placé à la remorque du PGE, le « parti européen » subventionné par Bruxelles.
A l’inverse, l’étroitesse dite « identitaire » liquide le « front » au nom du « Parti »
D’autres à l’inverse ne jurent que par « le Parti » et regardent avec suspicion l’idée d’un large front populaire rassemblant, sous l’égide du mouvement ouvrier de classe, le monde du travail et les couches intermédiaires paupérisées par le grand capital. Que ces camarades continuent de rêver d’un illusoire « redressement » du PCF ou qu’ils se soient autoproclamés à 250 « le » parti communiste, l’erreur est la même : ils s’imaginent que l’on peut reconstituer un parti « identitaire » propre sur lui et « marxiste-léniniste »… sur le papier sans conquérir la direction politique de la lutte des masses et sans prendre appui sur les contradictions de classes existantes dans les fronts réellement existants. Ainsi ces camarades méprisent-ils généralement le bloc en mouvement intitulé « France insoumise », c’est-à-dire : une mouvance de 7 millions de personnes en recherche d’alternative, totalement hostiles au TAFTA et à l’OTAN (dont J.L.Mélenchon veut sortir sur le champ, cf. le discours de Marseille !), critiques envers l’UE (même si c’est encore de manière très insuffisante), très opposées au MEDEF, à Le Pen et au PS, attachées aux drapeaux rouge et tricolore, honorant le legs de la Révolution jacobine, de la Commune, de Jaurès, du Front populaire et du CNR, regardant avec sympathie Cuba, Chavez et l’ALBA (avec plus de sympathie en tout cas que Patrick Le Hyaric, directeur de l’Huma !), assumant fièrement Stalingrad et refusant en général de cautionner la grossière russophobie ambiante…
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Certains ex-communistes croient que la construction du front patriotique et populaire passe par la liquidation de ce " boulet " bien connu : le parti communiste, la théorie marxiste, et pour finir...
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