Le couple franco-allemand : de l'eau dans le gaz ? -Par Jean L֤ÉVY
/image%2F1449569%2F20221019%2Fob_edd910_jean-levy-le-point-de-vue.jpg)
/image%2F1449569%2F20221019%2Fob_bdd4d4_jean1.jpg)
Depuis que l'Union européenne existe, ses plus ardents supporters nous assurent régulièrement que le "couple franco-allemand" en constitue le moteur. Et pour que celui-ci carbure, le nouveau président français se dépêche, au soir de son accession à l'Elysée, de se rendre à Berlin pour y faire obédience.
Nicolas Sarkozy fut le premier visiteur à faire le voyage, en 2007, suivi cinq ans plus tard par François Hollande. Emmanuel Macron ne dérogera pas à la règle. Mais si le nouveau président rencontre la chrétienne démocrate Angela Merkel en 2017, cinq ans plus tard, le chancelier allemand sera le social-démocrate Olaf Scholz.
De l'eau a coulé depuis sous les ponts de la Spree.
La crise économique qui secoue le monde et l'Europe, les sanctions prises par l'UE contre la Russie du fait de sa guerre en Ukraine, ont perturbé le marché de l'énergie. Pétrole et gaz, qui coulaient à flot d'est en ouest, se font plus rares irrigant moins l'activité industrielle de l'Europe, celle de l'Allemagne, en premier.
Aussi, Berlin, qui puise sa puissance de l'industrie, tient à conserver ses avantages et priorise ses intérêts.
Ce qui ne fait pas l'affaire de ses partenaires européens, qui s'en inquiètent.
Des journalistes, europhiles en diable, en viennent à se poser des questions. Ainsi, Le Monde, daté du 20 octobre écrit
"Secoués par une nouvelle dynamique intra-européenne qui accroît l’influence du pôle oriental de l’Europe, Scholz et Macron traversent ensemble une passe difficile", explique, dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde «. (Daté du 20 octobre) :
Le moteur renâcle...
"Nécessaire mais pas suffisante, selon la formule consacrée, la relation franco-allemande traverse une passe difficile. « Exécrable », dit un député d’opposition au Bundestag. Il y a, bien sûr, la dimension personnelle. Olaf Scholz est un taiseux, aussi taiseux qu’Emmanuel Macron est volubile. Non pas qu’Angela Merkel fût une bavarde impénitente, mais elle s’exprimait. Là n’est pas, pourtant, l’essentiel – les dirigeants européens, Macron comme les autres, s’habitueront à ce collègue allemand qui les déroute. L’essentiel, c’est que, en bouleversant les équilibres en Europe, la guerre en Ukraine déstabilise aussi la relation franco-allemande, considérée depuis des décennies comme le moteur de la construction européenne.
Clairement, le moteur renâcle. En septembre, aux traditionnelles rencontres franco-allemandes d’Evian, l’ardeur exprimée du côté français était notablement absente du côté allemand. A Prague, le 29 août, dans un important discours sur l’Europe perçu comme la réponse tardive de l’Allemagne au discours de la Sorbonne d’Emmanuel Macron en 2017, Olaf Scholz n’a pas eu un mot pour les projets franco-allemands de défense."
Ainsi, des fissures apparaissent dans le "couple" franco-allemand. Elles sont le fruit des contradictions du système capitaliste, en pleine crise économique, qui dévaste le monde occidental. On en mesure les effets aux États-Unis, en Europe, en Grande-Bretagne, et bien sûr en France.
Certes, la Chine socialiste rencontre aussi des difficultés. Mais ce sont des problèmes de croissance, et non de système. C'est donc bien celui-ci qu'il faut changer !
JEAN LÉVY


/image%2F1449569%2F20250602%2Fob_00c431_che-guevara-affiche-ia.jpg)
/image%2F1449569%2F20230929%2Fob_a9994b_gramsci-portrait.jpg)
/image%2F1449569%2F20231207%2Fob_63cb78_palestine-barghouti-affiche.jpg)
/image%2F1449569%2F20240217%2Fob_caefb2_paix-ensemble-colombe.jpg)