Le PCF et la MARCHE du 23 SEPTEMBRE
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Pourquoi je ne participerai pas à la marche du 23 septembre – Par Pierre-Alain MILLET, militant du PCF, maire-adjoint de Vénissieux (Rhône)
L’intitulé de l’appel à la marche du 23 septembre, "pour la fin du racisme systémique, des violences policières, pour la justice sociale et les libertés publiques" fait comme si les forces progressistes ne butaient pas depuis des années sur leur propre fracture avec les milieux populaires, comme si le problème des rapports police-population n’était qu’un problème de police et pas le problème de toute la société, de toutes les politiques publiques.
Si les syndicalistes exaspérés par les répressions anti-syndicales ont bien raison de mener bataille pour les libertés publiques, ils savent aussi que la répression anti-syndicale est rendue possible par la faiblesse relative de la mobilisation sociale, largement insuffisante pour faire reculer le gouvernement, avec une majorité de travailleurs espérant le rejet de la réforme des retraites mais ne s’engageant pas dans l’action pour imposer au gouvernement son rejet, une majorité des milieux populaires regardant le mouvement comme spectateur, et une minorité de "blacks blocs" préemptant les manifestations pour imposer aux syndicats leurs pratiques violentes. Tout le monde sait que ce rapport de forces n’évolue pas dans des marches nationales mais dans une bataille de terrain, de reconquête organisée du monde du travail et des milieux populaires. Non, c’est pas "dans la rue qu’ca s’passe", mais sur le lieu de travail !
Si les militants des quartiers populaires ont raison de dénoncer le racisme existant malheureusement dans la police, les contrôles et la suspicion au faciès, une pratique de maintien de l’ordre ne reposant que sur la force et considérant la population comme complice par défaut, ils savent aussi que l’intervention de police nécessaire se fait avec des voyous de plus en plus violents et organisés, immergés dans les quartiers et la population.
Dans ce contexte, centrer la réaction politique de la rentrée sur la bataille contre les violences policières après la semaine d’émeutes que la France a connu au début de l’été est incompréhensible pour ceux qui ont vécu ces violences dans leur quartier, c’est une immense erreur politique qui va durement aggraver la fracture entre la gauche et les milieux populaires.
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Pourquoi je ne participerai pas à la marche du 23 septembre
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