Les maitres du chaos – Épisode 2 – LE CAPITALISME CHAROGNARD
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Par Phil Broq.
Bienvenue dans l’ère du capitalisme charognard.
C’est une époque où le sang est coté en bourse, où chaque larme se traduit en dividende, où la douleur devient un actif monétisable. Une époque où la guerre n’est plus une barbarie marginale mais l’aboutissement logique du capitalisme terminal, sa version la plus pure, quasiment la plus honnête. Un capitalisme cannibale, dont les profits se nourrissent des chairs calcinées, des villes rasées, des enfances anéanties. Un capitalisme qui ne croit plus au progrès, mais à la prédation ; qui n’a plus besoin de croissance, mais de dévastation. Les guerres modernes ne se déclenchent plus au nom d’un Dieu, d’un roi, d’un drapeau ou d’un quelconque intérêt stratégique, car ces fictions sont tout justes bonnes pour les manuels d’histoire et les discours officiels, imposés en boucle sur les chaines de propagande. Aujourd’hui, la guerre est devenue un produit dérivé, une variable d’ajustement dans les portefeuilles d’investissement des grands groupes financiers. Elle ne se déclare plus, elle se fabrique, se calcule, se finance et s’alimente grâce à des fonds de pensions et des groupes internationaux, en laboratoire et à huis clos.
Derrière chaque conflit se cache une architecture froide, méthodique, dans un ordonnancement cynique. Chaque guerre, chaque tension ethnique, chaque révolte écrasée ou chaque dictature soutenue fait partie d’une stratégie plus vaste, plus vicieuse, plus rentable. Dans ce maelström soigneusement orchestré, la vérité est limpide, mais jamais prononcée car ce ne sont pas les peuples que l’on défend, c’est la rente. Ce n’est pas la sécurité qu’on cherche, mais l’instabilité contrôlée qui est cet eldorado du capitalisme spéculatif. Or, tout le monde le sait désormais, mais tout le monde ferme les yeux ! Alors, il faut les nommer et les mettre en lumière, ces maîtres du chaos que sont les industries de l’armement, qui prospèrent à chaque obus largué ; les banques d’investissement, qui prêtent aux gouvernements pour financer leur propre destruction ; les conglomérats de la reconstruction, qui ne construisent jamais rien d’autre que leur fortune. Dans leurs mains aussi avides que cupides, chaque guerre est une opportunité. Chaque massacre, une ligne de bénéfice. Le champ de bataille n’est plus une tragédie mais un bilan trimestriel.
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