Accusations infondées, dialogue avec les États-Unis, Ukraine : la conférence de presse de Sergueï LAVROV à l'ONU
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Après son allocution à l’ONU, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a tenu une conférence de presse. Il y a répondu aux questions des journalistes sur les tensions avec l’Union européenne, les relations avec les États-Unis, la question des frontières de l’Ukraine et les provocations potentielles en Europe.
Lors de sa conférence de presse, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a rejeté l’idée avancée par certains responsables européens d’un état de « guerre hybride » menée par la Russie contre l’UE. Il a affirmé que Moscou n’envoie ni drones ni missiles sur des cibles de l’UE ou de l’OTAN.
Concernant les incidents de drones en Pologne, Sergueï Lavrov a soutenu que la Russie avait proposé son aide pour examiner les appareils et « tout vérifier » ensemble, proposition qui, selon lui, a été refusée. Il a ajouté que, d’après ses informations, la portée de ces drones ne permettrait pas d’atteindre le territoire polonais depuis la frontière russe.
Le ministre des Affaires étrangères a évoqué plusieurs situations où la Russie avait d’abord été pointée du doigt, avant que la responsabilité de l’Ukraine n’apparaisse. Revenant sur Boutcha, Sergueï Lavrov a dénoncé une mise en scène médiatique, qualifiant les accusations de « provocation soigneusement préparée » pour servir la propagande occidentale. Il a rappelé avoir tenté d’aborder ce sujet avec le secrétaire général de l’ONU, qui, selon lui, s’est contenté de hausser les épaules en affirmant qu’il ne pouvait pas s’en occuper. Lavrov a ajouté que des avis juridiques avaient conclu à « l’inopportunité » de toute enquête, alors que la Russie demandait au moins d’identifier les victimes.
Dialogue avec les États-Unis
Interrogé sur la relation avec Washington, Sergueï Lavrov a estimé que chaque État a son style diplomatique. Il a critiqué le refus de dialoguer, qu’il attribue à certains Européens et à l’administration Biden, tout en saluant l’initiative de l’administration Trump de relancer les échanges.
Selon lui, la Russie et les États-Unis ont des intérêts nationaux légitimes : lorsqu’ils convergent, il serait « illogique » de ne pas coopérer, et lorsqu’ils divergent, l’essentiel est d’éviter l’escalade.
Le chef de la diplomatie russe a également déclaré ne pas voir de renoncement américain au dialogue et a présenté l’art de « rapprocher des intérêts qui se heurtent » comme le cœur de la diplomatie.
Frontières imaginaires de l’Ukraine
Sur l’hypothèse d’un retour de l’Ukraine aux frontières de 2022, Sergueï Lavrov a jugé cette attente irréaliste, parlant de « cécité politique ». Dans le même temps, le ministre des Affaires étrangères a affirmé que la Russie défendait ses « intérêts légitimes » et ceux des populations en Ukraine qui avaient été stigmatisées et frappées pour s’être opposées au régime nazi de Kiev après le coup d'État en Ukraine.
Revenant aux engagements passés, il a soutenu que si, au tout début, les accords avaient été respectés, l’Ukraine serait restée dans ses frontières de 1991, mais ce ne fut pas le cas à cause de mauvaises décisions prises par les autorités de Kiev.
Provocations potentielles sous faux drapeau
En réponse à une question sur de possibles opérations « sous faux drapeau » en Roumanie et en Pologne, Sergueï Lavrov a accusé Kiev de disposer de structures spécialisées dans les provocations. Selon lui, l’Ukraine utiliserait des drones russes modifiés pour faire croire à une attaque de Moscou, avec l’aide des services britanniques.
Le chef de la diplomatie a ajouté qu’en Europe certains responsables comprennent ce qui se passe, mais que la ligne générale reste celle du « containement » de la Russie. Il a souligné que Moscou, quoi qu’il en soit, est prête à défendre ses intérêts.
Coopération avec les pays du Sahel
Concernant la situation sécuritaire au Mali, Sergueï Lavrov a affirmé que des spécialistes ukrainiens étaient impliqués dans l’appui apporté à des groupes séparatistes. Selon lui, ils fourniraient des drones et assureraient la formation des combattants sur le terrain. Le ministre a ajouté que cette implication illustrait la volonté de Kiev d’exporter ses méthodes de déstabilisation bien au-delà de la région européenne, jusqu’au cœur du Sahel.
SOURCE : Presse internationale
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Sergueï Lavrov à l’ONU : un discours ferme contre l’ingérence occidentale et pour un monde multipolaire respectueux de la Charte des Nations unies
Depuis l’ONU, Sergueï Lavrov a dénoncé les ingérences occidentales, les doubles standards notamment en Ukraine ou au Moyen-Orient. Le ministre russe des Affaires étrangères a réaffirmé la position de la Russie en faveur du respect de la souveraineté, d’une réforme de l’ONU et d’un ordre mondial fondé sur l’égalité entre les États.
Lors de la 80e session de l’Assemblée générale de l’ONU, le ministre russe des Affaires étrangères a dénoncé la politique menée par l’Occident. « Les tentatives de séparer les pays entre démocraties et autocraties, entre jardins fleuris et jungles » mènent à des conflits, a-t-il déclaré.
Sergueï Lavrov a rappelé que les principes fondateurs de l’ONU, notamment l’égalité souveraine, étaient piétinés. Il a cité les bombardements de la Yougoslavie, l’invasion de l’Irak, l’opération en Libye, ainsi que les frappes israéliennes sur Gaza comme exemples d’usage illégal de la force. Selon lui, « les actions d’Israël contre les Palestiniens, les attaques contre l’Iran, le Liban ou le Yémen menacent l’ensemble du Moyen-Orient ».
Il a dénoncé le « châtiment collectif » infligé aux Palestiniens à Gaza, où « des enfants meurent sous les bombes et de faim », tout en soulignant qu’il n’y a « aucune justification aux attaques terroristes, ni aux projets d’annexion de la Cisjordanie ». Il a accusé l’Occident de retarder volontairement la reconnaissance de la Palestine dans l’espoir « qu’il ne restera bientôt plus rien à reconnaître ».
Sur l’Ukraine, Sergueï Lavrov a rappelé que le pouvoir actuel était issu d’un « coup d’État soutenu par l’Occident en 2014 ». Il a fustigé l’interdiction du russe, la répression de l’Église orthodoxe canonique, les attaques contre les infrastructures civiles et nucléaires. Il a accusé l’Europe de « permettre au régime de Kiev tous les excès » dans sa tentative de nuire à la Russie. « L’Ukraine est le seul pays au monde à avoir interdit la langue maternelle d’une large part de sa population », a-t-il souligné.
Sécurité, dialogue stratégique et menaces de l’OTAN
Le chef de la diplomatie russe a salué le dialogue en cours avec les États-Unis, qu’il a qualifié de « pragmatique », notamment après le sommet en Alaska. Il a rappelé l’initiative du président Vladimir Poutine de prolonger pour un an, après 2026, les limites du traité sur les armes stratégiques (START), si les États-Unis font de même. Selon lui, cela permettrait d’éviter une nouvelle course aux armements.
Face aux tensions avec l’OTAN, le ministre a affirmé que « la Russie n’a jamais eu et n’a aucun projet d’agression contre l’UE ou l’OTAN ». Cependant, toute attaque contre son territoire, y compris Kaliningrad, « recevra une réponse ferme ». Il a également précisé que « la Russie ne dirige jamais ses drones ni ses missiles contre les États membres de l’UE ou de l’OTAN », rejetant les accusations lancées par certains pays européens. Concernant les drones signalés récemment en Pologne, le ministre a déclaré que leur portée était « inférieure à la distance séparant la Russie de ce pays », excluant ainsi toute implication russe.
Il a condamné le refus des pays occidentaux de soutenir une initiative russo-chinoise visant à prolonger l’accord nucléaire avec l’Iran, parlant de « sabotage diplomatique ». Il a révélé que « le texte même de l’accord nucléaire laissait un piège pour l’Iran », alors que Téhéran « n’a jamais eu l’intention de violer ses engagements ». Lavrov a aussi alerté sur des informations indiquant que « de nouvelles frappes contre l’Iran seraient actuellement envisagées par certaines puissances ».
Il a enfin dénoncé l’expansion de l’OTAN en Asie-Pacifique, jusque dans le détroit de Taïwan. À ses yeux, cette stratégie vise à encercler militairement toute l’Eurasie. Il a plaidé pour une architecture de sécurité inclusive en Eurasie, impliquant toutes les organisations régionales, y compris la Communauté des États Indépendants, l’Organisation de coopération de Shanghai ou encore l’OTSC.
Réforme de l’ONU et lutte contre le néocolonialisme
Sergueï Lavrov a insisté sur la nécessité de réformer l’ONU pour refléter les équilibres actuels. Il a plaidé pour une démocratisation du Conseil de sécurité à travers l’élargissement de la représentation de l’Asie, de l’Afrique et de l’Amérique latine. La Russie soutient notamment l’entrée permanente de l’Inde et du Brésil, et une meilleure représentation de l’Afrique.
Il a également appelé à réformer les institutions économiques mondiales (FMI, Banque mondiale, OMC) pour qu’elles reflètent le poids croissant du Sud global. « Le monde d’aujourd’hui n’est plus celui de 1945 », a-t-il insisté.
À l’approche du 65e anniversaire de la Déclaration sur l’indépendance des peuples coloniaux, Sergueï Lavrov a proposé de faire du 14 décembre la Journée internationale de lutte contre le colonialisme. Il a rappelé que les peuples dans le Donbass ou en Crimée ont, eux aussi, exercé leur droit à l’autodétermination, comme les peuples d’Afrique et d’Asie l’avaient fait auparavant. « Le principe du consentement des gouvernés est universel », a-t-il souligné.
En conclusion, le ministre russe a rappelé que Moscou ne cherchait pas la confrontation, mais demande simplement que les principes de la Charte de l’ONU soient respectés sans double standard. Il a mis en garde contre les discours de dirigeants occidentaux évoquant une possible Troisième Guerre mondiale, qualifiant ces propos « d’inquiétants et dangereux ».
SOURCE : Presse internationale


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