[OPINION] Pourquoi la CRIMINALISATION du COLONIALISME a une portée universelle et civilisationnelle
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Par Kadour El Vingtquatre
Introduction
L’adoption récente par le Parlement algérien d’un texte criminalisant le colonialisme français a été interprétée, dans une large partie de l’espace médiatique occidental, comme un geste de fixation mémorielle, une instrumentalisation à des fins de politique intérieure, voire une provocation diplomatique. Ces lectures, aussi répandues soient-elles, manquent l’essentiel. Ce texte n’est ni une anomalie, ni une régression, ni une obsession du passé. Il agit comme un révélateur. Il expose un ordre mondial qui ne s’assume pas, en mettant au jour une contradiction centrale de notre époque : le colonialisme est unanimement condamné dans le discours, tandis que l’ordre mondial qu’il a produit continue d’en reproduire, sous des formes transformées, les structures, la logique et l’esprit. Ce paradoxe ; condamnation morale d’un côté, continuité structurelle de l’autre, constitue l’un des traits majeurs de la modernité politique contemporaine.
La thèse défendue ici est simple mais lourde de conséquences : nous vivons toujours dans un ordre néocolonial, un ordre d’autant plus puissant qu’il ne se présente plus comme tel. Il ne s’énonce plus comme domination, mais comme normalité ; il ne s’impose plus comme contrainte, mais comme évidence ; il ne se revendique plus comme pouvoir, mais comme assistance, stabilité ou humanisme. Cette euphémisation sémantique, véritable lexique orwellien devenu invisible, ne relève pas d’un simple habillage discursif. Elle constitue le cœur même du dispositif néocolonial : un écran qui empêche de voir la réalité, un mécanisme qui naturalise et pérennise un ordre injuste, et une camisole cognitive qui neutralise toute tentative d’émancipation avant même qu’elle ne puisse se formuler.
Nommer cet ordre ne vise ni à inverser les rôles entre dominants et dominés, ni à substituer une domination à une autre. L’enjeu est plus profond : s’émanciper de la relation coloniale elle-même, rompre avec une structure toxique qui continue d’organiser le monde en positions hiérarchiques tout en se prétendant universaliste. Cela suppose d’affronter ce que l’on peut appeler l’esprit colonialiste, non dans une logique de vengeance, mais en lui tendant un miroir. Un miroir qui révèle la toxine qu’il charrie encore, met au jour ses contradictions internes et l’oblige à sortir de son monologue narcissique, ce discours où l’on parle au nom de l’universel sans jamais accepter la réciprocité. La criminalisation du colonialisme ne relève donc pas d’un réflexe mémoriel.
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