UNE VIOLENCE EN MUTATION – Par Bertrand Renouvin
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Le lynchage de Quentin Deranque, jeune militant identitaire, par un groupe d’antifas lyonnais, ne peut être ramené à l’effet tragique d’une violence politique qui a toujours existé, à l’extrême droite comme à l’extrême gauche. Inscrire cette mise à mort injustifiable dans une constante historique, c’est la rendre acceptable par résignation, au nom d’une fausse lucidité. C’est manquer la dangereuse mutation des actions violentes.
Nous avons connu, au siècle dernier, de nombreux affrontements physiques entre groupes politiques. Au moment du Front populaire, le risque de guerre civile existait et la guerre d’Algérie a placé les Français au bord de l’embrasement généralisé. Qu’il s’agisse des ligues de droite avant la Seconde Guerre mondiale ou des groupes gauchistes dans les années soixante, l’usage de la violence était soumis à des objectifs stratégiques et tactiques dictés par l’idéologie. Les organisations militantes chargées de conduire les manifestations, de protéger les réunions ou d’attaquer celles des adversaires, étaient soumises au contrôle de la direction politique et à une stricte discipline interne qui maintenait les affrontements physiques dans des limites qui, en général, permettaient d’éviter les blessures mortelles.
Nous avons changé d’époque. On pouvait observer, dès le milieu des années quatre-vingt-dix, que de jeunes manifestants n’avaient aucune conscience de la portée de leurs gestes. Les comportements irresponsables sont restés minoritaires mais, depuis des années, la tendance est à l’aggravation. A cela, deux raisons. J’ai déjà repris l’avertissement de Milan Kundera : “la liberté des pulsions va grandissant” et la violence des pulsions individuelles est de plus en plus apparente. Les comportements pulsionnels sont encore plus dangereux quand ils se vivent dans un “groupe en fusion” qui est convaincu d’incarner le Bien chargé d’éradiquer le Mal. Or c’est bien le manichéisme qui progresse. Il progresse publiquement dans les médias télévisés qui cultivent depuis plus de trente ans un moralisme à la manière américaine dans les relations internationales. Il progresse plus discrètement dans les groupes extrémistes des deux bords, jusqu’au moment où il explose de manière criminelle – qu’il s’agisse de l’incendie d’un véhicule de police ou du lynchage d’un adversaire.
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Une violence en mutation - Le blog de Bertrand Renouvin
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