L'IMPASSE FRANÇAISE
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Alors que le monde est suspendu aux évolutions des négociations entre les USA et l'Iran, le prix du baril de pétrole fluctuant aussi rapidement que les élucubrations du président américain, l'Europe et la France semblent enfermées dans leur bulle d'illusion, comme suspendue en dehors du monde et du temps. Dans de nombreux pays, des mesures de restriction de la consommation de produit pétrolier ont été mises en place, mais en France et en Europe on utilise les réserves stratégiques pour réduire la facture sans se demander ce qu'il se passera lorsque les réserves seront vides alors que la situation internationale ne se sera pas améliorée. C'est d'autant plus vrai que l'on sait déjà que les dégâts sur la production actuelle pèseront dans les années qui viennent même si la guerre s'arrêtait demain matin. Comme le souligne Jacques Sapir dans sa dernière interview chez Frequence populaire , la production d'hydrocarbure ne redeviendra pas normale avant quelques années quelque soit l'évolution du conflit.
Il est dès lors extrêmement irresponsable de faire comme si de rien n'était et comme si les choses allaient rapidement retrouver leurs évolutions précédentes. C'est pourtant très clairement ce que font actuellement les élites françaises et européennes. Rappelons que les réserves stratégiques Françaises sont petites, à peine de quoi couvrir 90 jours de consommation (118 d'après Bercy). Et ces réserves devraient être employées pour garantir le fonctionnement des services essentiels comme le transport de marchandises ou les services publics fondamentaux comme les pompiers ou le Samu, pas pour le confort des consommateurs au quotidien. Il est donc assez étrange qu'aucune mesure de limitation de la consommation en volume n'ait été prise, même si c'est très impopulaire. Plus grave encore les conséquences à long terme sur les engrais dont nous avons déjà parlé. Cette fois c'est la production nutritionnelle qui va être fortement impactée. C'est d'autant plus inquiétant que même les producteurs céréaliers sont déjà en difficulté en France comme le révèle cette commission à l'Assemblée nationale. Cela fait déjà trois années consécutives que la filière perd de l'argent, la crise en Iran pourrait leur être fatale.
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