RÉVOLUTION DES ŒILLETS au Portugal il y a 52 ans : interview de l’historien Victor Pereira
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L’historien Victor Pereira propose une vision renouvelée de la Révolution des Œillets. Plus que le renversement d’une dictature par l’armée, cette révolution enclenche un profond bouleversement social et démocratique au Portugal et débouche sur l’indépendance de ses anciennes colonies.
PRÉSENTATION DE L’OUVRAGE :
Au Portugal, il y a 50 ans, le 25 avril 1974, de jeunes officiers, soutenus par une grande partie de la population, renversaient l’Estado Novo, régime autoritaire mis en place par António de Oliveira Salazar en 1933. La fin de cette dictature de près de 40 ans signera également l’arrêt de mort d’un empire colonial européen majeur.
Trop souvent réduite à un coup d’État pacifique qui ne dure que quelques heures, la Révolution des OEillets et ses conséquences (décolonisation, mobilisations sociales, quête d’une voie socialiste originale) sont encore mal connues. Cet ouvrage offre une synthèse actualisée du processus révolutionnaire portugais. Il analyse non seulement la dynamique révolutionnaire, les oppositions entre partis politiques et militaires, les inquiétudes diplomatiques (cette prise de pouvoir démocratique est aussi socialiste), mais aussi les différents mouvements sociaux qui tentèrent de transformer radicalement la société portugaise, pour enfin penser ensemble ces éléments qui le sont rarement.
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Le 25 avril 1974, la révolution des œillets mettait fin à quarante-huit ans de dictature. L’historien Victor Pereira, auteur de « C’est le peuple qui commande ». La révolution des œillets 1974-1976 (Éditions du détour), revient sur cet épisode charnière de l’histoire du Portugal.
Propos recueillis par Magali Hamard
Dans quelle situation se trouve le Portugal avant le coup d’État ?
Victor Pereira : C’est une dictature répressive, qui dispose de la PIDE, une police politique brutale. À sa tête, il y a Salazar, un homme sans charisme, très conservateur, qui ne sortait jamais ni de son bureau ni du Portugal. Son régime, qui a duré trente-six ans, a été inspirant pour l’extrême droite française qui y voyait l’application des idées de Maurice Barrès et Charles Maurras. Mort en 1970, il ne verra donc pas le coup d’État du 25 avril. Sous son ère, la pauvreté atteint des sommets, à un point tel que 10 % de la population (900 000 personnes) quittera le Portugal pour la France de 1957 à 1974. Beaucoup d’émigrés, qui ont souvent passé la frontière illégalement, vivront dans des bidonvilles, dont celui de Nanterre.
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