LA CRÉDIBILITÉ, TALON D’ACHILLE DE LA GAUCHE
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« C’est plutôt cocasse d’entendre que des gens dont la logique économique a entraîné quarante ans de crise discontinue s’autoproclament “crédibles”, avant de décerner des brevets de crédibilité ou des mauvais points à ceux qui ne pensent pas comme ils le voudraient. C’est un peu comme si les généraux de l’armée française en déroute du printemps 40 venaient donner des leçons de commandement militaire aux générations d’après. »
(« Le Figaro », non signé)
Oserais-je par ces temps troublés vous recommander une lecture ? Si vous avez une ou deux heures à passer, et un intérêt pour la gauche française, je ne peux que vous recommander la lecture du « projet de base commune » proposé par la direction du PCF et adoptée par le Comité national du Parti le 29 mars dernier en vue du 40ème congrès de l’organisation qui se tiendra à compter du 3 juillet prochain. Vous me direz, cher lecteur, que je suis un indécrottable nostalgique – et que j’ai beaucoup de temps à perdre – à m’intéresser encore aux travaux d’une organisation devenue à tout point de vue marginale, et qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. Si je continue à m’y intéresser, ce n’est pas seulement par nostalgie. Le PCF est l’une des rares organisations politiques qui restent attachées à l’idée d’un « intellectuel collectif », à une réflexion sur des textes – la seule façon de réfléchir qu’on connaisse. Là où tous les autres se sont reconvertis à la vidéo, les communistes continuent à lire des textes. Rien que cela mérite qu’on s’y intéresse.
Et le processus de préparation du congrès le montre. Sans entrer dans les détails de la procédure, ce « projet de base commune » fait partie d’un long chemin d’élaboration, dans lequel le « projet », qui représente la position officielle de la direction est examiné et voté par le comité national, puis se trouvera confrontée aux « textes alternatifs » déposés par des collectifs de communistes – surtout ne pas parler de « fractions », ce serait de très mauvais goût – suivi d’un vote des adhérents pour choisir le texte qui servira de « base commune » à la discussion, aux contributions des adhérents qui seront publiées, et au vote des amendements au niveau des cellules, des conférences de section, des conférences fédérales, puis finalement du congrès national. C’est qu’au PCF, un congrès est une affaire sérieuse, et non une simple cérémonie destinée à mettre les dirigeants en valeur. Fidèles à une tradition qui vient du XIXème siècle, les communistes y voient toujours dans ce processus une manière de réfléchir collectivement.
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La crédibilité, talon d'Achille de la gauche
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