Le CASSE-TÊTE de la gauche et l'immigration – Par Gilles Questiaux
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Faudrait-il réviser notre position sur l'immigration ? Wagenknecht ou Mélenchon ?
Faut-il réviser notre position sur l’immigration au vu de développements récents de la situation économique sociale et politique en France et dans quelques pays similaires ?
Nous défendons depuis plus de dix ans sur cette question ainsi que sur d'autres (notamment l'insécurité) des positions originales qui nous font régulièrement accuser de tendances "rouges-brunes", pour le moins, par les militants de la gauche mainstream. Aussi minables et de mauvaise foi que soient de tels amalgames, cela ne va pas sans un coût politique et une certaine marginalisation, voire une marginalisation certaine.
Nos raisons théoriques fondamentales pour faire ce choix sont que l’immigration est à la base une politique du capital pour affaiblir la classe ouvrière, et une politique de l’impérialisme pour exploiter les pays du Sud et de L'Est.
Mais la raison décisive qui nous a concrètement poussé à risquer une mauvaise réputation si dommageable est politique : pour réunifier la classe des travailleurs actuellement scindée en deux camps qui se haïssent et ne peuvent en aucun cas s'unir, pour simplifier brutalement, entre les immigrés qui votent LFI et les autochtones ou les intégrés qui votent RN, et pour les ramener à un vote en faveur du socialisme, il faut faire à l'intention des seconds cette concession (évidement, autre condition, il faut des partis de gauche qui visent le socialisme, mais c'est une autre question).
Au fond c'était déjà la positon du PCF de Marchais au début des années 1980. On est contre l'immigration pour de bonnes raisons mais surtout au bout du bout parce que les ouvriers sont contre l’immigration et qu'on est le parti des ouvriers.
Mais il y a des problèmes de fond qui surgissent quand on adopte cette position.
D'une part elle ne semble pas politiquement très efficace dans les conditions actuelles. Sarah Wagenknecht (SW) en Allemagne n'a pas réussi, en partie sur cette base, à remplacer le parti Die Linke, parti de la gauche historique complètement dégénéré par un nouveau parti plus proche des ouvriers. Aux récentes élection au Bundestag SW reste sous la barre des 5%, et Die Linke qui paraissait en voie de disparition électorale remonte à près de 9%. Je m'attendais plutôt au résultat inverse.
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