SUR LE CANON FRANÇAIS – Par Loïc Steffan
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Enseignant agrégé, professeur d’Economie-gestion à l’Université de Nouvelle-Calédonie, Loïc Steffan a bien voulu accepter que je reprenne l’analyse qu’il a publiée sur Facebook le 8 mai 2026.
Sur le Canon Français et la sortie du recteur Chems-eddine Hafiz, de certains amis de gauche ou de membres de LFI, deux mots de fond.
Je rappelle que j’ai étudié la sociologie de l’alimentation à Toulouse, auprès de Jean-Pierre Poulain. Mon grand-père était agriculteur, mon père a été conseiller à la Chambre d’agriculture du Tarn. J’ai gardé ce lien avec mes racines et avec ce département rural où des domaines viticoles organisent chaque été des banquets de plusieurs centaines de convives autour d’un cochon à la broche, d’un agneau ou d’une pièce de bœuf. Personne (ni LFI, ni aucun recteur, ni aucun ami de gauche) n’y a jamais vu une exclusion symbolique.
Ce qui se joue dans un banquet de plusieurs milliers de personnes n’est pas politique au premier chef. C’est sociologique. Poulain l’a montré dans Sociologies de l’alimentation avec le concept d’espace social alimentaire, qui structure l’identité d’un groupe humain à partir de sa connexion bio-anthropologique à son milieu. Le porc en France, ce n’est pas un signal idéologique. C’est environ trente kilos par habitant et par an, une filière auto-suffisante à 100%, plus de 400 produits de charcuterie inscrits au patrimoine, et une tradition du tue-cochon qui structure le calendrier paysan depuis le Moyen Âge. Fischler ajouterait que c’est un opérateur d’incorporation collective, ce qui fonde le « nous » autour de la table.
Ces banquets fonctionnent comme des hyper-lieux au sens de Michel Lussault. Densité sociale concentrée, expérience corporelle partagée, mémoire affective collective. Le Vélodrome un soir de derby, la Feria de Bayonne, le Hellfest, les ferrades camarguaises relèvent du même régime. Bakhtine et Caillois parlaient d’effervescence festive et de suspension momentanée de l’ordre. Dans des temps anxiogènes (collapse rampant, perte de repères, atomisation néolibérale), la demande d’effervescence augmente mécaniquement. C’est un fait social, pas un complot.
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Sur le Canon Français - par Loïc Steffan - Le blog de Bertrand Renouvin
Enseignant agrégé, professeur d'Economie-gestion à l'Université de Nouvelle-Calédonie, Loïc Steffan a bien voulu accepter que je reprenne l'analyse qu'il a publiée sur Facebook le 8 mai. Sur...
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