54ème congrès de la CGT : une UNITÉ affichée, un cap qui reste contesté
Du 1er au 5 juin 2026, Tours a accueilli le 54ème congrès confédéral de la CGT. Dans un contexte de guerre sociale, d’austérité, de montée de l’extrême droite et d’accélération des tensions internationales, ce rendez-vous aurait pu marquer un vrai tournant. Il a surtout confirmé une ligne déjà bien installée : celle de l’accompagnement, du dialogue social et des grandes formules qui donnent le change sans ouvrir de perspective de rupture. Le rapport d’activité a été adopté à 81,36 %, le bilan financier à 90,61 %, le document d’orientation à 74,47 %, et Sophie Binet a été reconduite à la tête de la confédération pour trois ans.
Ce qui ressort de Tours, ce n’est pas seulement le cramponnement de l’équipe sortante. C’est aussi l’écart, de plus en plus visible, entre un discours qui se veut combatif et une pratique qui reste prisonnière des cadres institutionnels. Le texte confédéral parle de rapport de force, de grève, de convergence des luttes. Mais il ne donne ni cap clair, ni calendrier crédible, ni perspective d’ensemble. Autrement dit : beaucoup de mots d’ordre, peu de débouchés.
Il faut aussi regarder de près ce que disent les chiffres. Plus d’un quart des délégués ont rejeté le document d’orientation. Cela ne veut pas dire que toute l’opposition s’est exprimée proprement dans le vote, ni que le camp d’en face est homogène. Mais cela montre qu’une ligne de refus existe bel et bien au sein de la CGT, malgré les mécanismes d’encadrement du congrès et malgré la pression à l’unité.
Et c’est là qu’il faut rappeler comment se passe la délégation et la préparation du Congrès à la CGT. Les délégués représentent un certain nombre de syndicats avec un certain nombre d’adhérents (donc un certain nombre de voix). Leur travail consiste, en principe, à consulter les syndicats dont ils ont la charge, de recueillir leur position sur les textes, et de voter en conséquence. Sauf que la réalité est souvent plus compliquée.
Plein de petites sections syndicales n’ont pas forcément la « culture congrès ». Les textes d’orientation arrivent tard (fin mars pour en discuter en avril, avec des réponses à rendre début mai). Quand il est déjà difficile de réunir une assemblée générale ordinaire, organiser un vrai débat sur des documents d’une centaine de pages, ça peut être quasiment impossible. Et en si peu de temps, difficile aussi pour les plus grosses sections de lire les textes et d’organiser les débats internes. Résultat : beaucoup de délégués se retrouvent sans mandat clair. Par défaut, faute d’avoir pu organiser une discussion collective, ils votent « pour ». Pas par conviction, mais parce que c’est la solution par défaut. Certains, plus conscients du problème, choisissent l’abstention.
Ce mécanisme explique pourquoi une direction peut engranger des scores élevés sans que cela corresponde à un véritable raz-de-marée militant. Les conditions démocratiques d’un vrai débat sont souvent absentes, et l’appareil, bien organisé, en profite.
LIRE LA SUITE :
/http%3A%2F%2Fjeunessedumonde.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2026%2F06%2Fphoto_5924761111590800652_w.jpg)
54e congrès de la CGT : une unité affichée, un cap qui reste contesté - Jeunesse du monde
Du 1er au 5 juin 2026, Tours a accueilli le 54e congrès confédéral de la CGT.


/image%2F1449569%2F20250602%2Fob_00c431_che-guevara-affiche-ia.jpg)
/image%2F1449569%2F20230929%2Fob_a9994b_gramsci-portrait.jpg)
/image%2F1449569%2F20231207%2Fob_63cb78_palestine-barghouti-affiche.jpg)
/image%2F1449569%2F20240217%2Fob_caefb2_paix-ensemble-colombe.jpg)