ON N’ATTEND PLUS DE FAIRE LA FÊTE
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Il y a des moments où je voudrais pouvoir lire dans les pensées des gens. Ce serait très pratique lorsqu’on participe à une négociation, lorsque votre chef vous convoque pour « discuter de votre avenir », ou lorsqu’on pense que sa charmante moitié s’est trouvé un petit en-cas ailleurs. Mais je ne parle pas ici de ces cas pratiques, mais de celui de personnes anonymes qu’on voit agir dans la rue ou sur les écrans de télévision, et dont les actes nous paraissent incompréhensibles. Prenons par exemple cette brève vidéo prise lors des célébrations de la victoire du Paris Saint Germain en coupe d’Europe, et diffusée jusqu’à la nausée par les chaînes d’information continue, dans laquelle un jeune homme prendre de l’élan, puis casser d’un coup de pied la vitre d’un abribus. Que pense ce jeune-homme à ce moment-là ? Est-ce un geste de colère ? De joie ? Pense-t-il contribuer à quelque révolution contre l’ordre établi, ou s’adonne tout simplement au plaisir sadique de faire du mal ? Ou bien ce groupe qui a décidé qu’on ne pouvait faire la fête sans envahir le boulevard périphérique, mettant à l’arrêt des milliers d’automobilistes. Qu’avaient-ils dans la tête ? On peut difficilement dire que le périphérique sous la porte d’Auteuil soit un endroit charmant ou se réunir pour célébrer. Alors pourquoi ? Quel plaisir pouvaient-ils éprouver à se retrouver sur une 2×4 voies enterrée ?
La victoire du PSG et les célébrations laissent un goût amer. Il semblerait que dans les sociétés « libérales avancées », pour utiliser une formule consacrée, il y ait un nombre de plus en plus important d’individus pour qui la joie dérive du fait de détruire, de casser, de blesser, de gêner les autres sans tirer d’autre avantage que le plaisir immédiat contenu dans l’acte lui-même. Ce sont les pensées de ces individus que j’aimerais lire, les raisons qui les poussent à agir que j’aimerais pénétrer. Mais à défaut de pouvoir le faire, nous en sommes réduits, pour comprendre le phénomène, à faire des hypothèses.
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On n'attend plus de faire la fête
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