LE BRÉSIL EN ALERTE ROUGE
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Par Valerio Arcary
Traduction Françoise Lopez pour Amérique latine-Bolivar Infos
L’offensive de l’extrême-droite et la crise ouverte au Tribunal Suprême Fédéral menacent de perturber le rapport de forces face aux élections présidentielles brésiliennes. Pour vaincre le bolsonarisme, la campagne de Lula devra reprendre l’initiative et assumer de nouvelles revendications populaires.
Les élections présidentielles approchent au milieu d’une tourmente parfaite : tandis que les sondages marquent une alarmante égalité entre Lula et l’extrême-droite, une explosion institutionnelle au Tribunal Suprême Fédéral fait trembler le système politique. Entre les manœuvres judiciaires pour garantir l’impunité du bolsonarisme, le harcèlement du pouvoir médiatique et les hésitations du parti au gouvernement, la crise ouverte menace de perturber définitivement le rapport de forces. Le danger d’un rétablissement du néo-fascisme dans le le plus grand pays de la région devient de plus en plus réel.
L’escalade de la crise politique a pris un tournant explosif. La décision d’André Mendonça, ministre du Tribunal Suprême Fédéral (STF), de démettre Andrei Rodrigues de la ses fonctions à la direction de la police fédérale est une manœuvre subversive au service d’une opération putschiste. C’est une action arbitraire qui constitue un abus d’autorité évident : un juge de la plus haute cour n'a pas le pouvoir de nommer ou de révoquer le chef de la Police fédérale, prérogative qui revient au pouvoir exécutif par l'intermédiaire du ministère de la Justice.
La destitution de Rodrigues sous prétexte de ses soi-disant affinités avec le ministre du Tribunal Suprême Fédéral Alexandre de Moraes est destinée à interférer dans le processus électoral pour favoriser Flávio Bolsonaro, sénateur et fils de l’ancien président, principal candidat de l’extreme-droite. Ce n’est pas un fait isolé : Flávio Bolsonaro passe son temps à agiter les bases de l’extreme-droite sous le slogan: « Dehors Moraes, dehors Lula».
Dans ce contexte, la demande formulée par l’Avocat général de l’Union (AGU) visant à ce que le STF lui-même annule la destitution de Rodrigues est incontournable et doit être acceptée. On spécule sur le fait qu’Edson Fachin, président de la Cour, pourrait retirer à Mendonça la fonction de rapporteur chargé des enquêtes sur la banque Master et l’Institut national de la sécurité sociale (INSS), ce qui serait positif. Il semble toutefois peu probable que Fachin trouve au sein même de la STF un recours juridique capable d’endiguer cette offensive. La crise va s’aggraver avant qu’une issue ne soit trouvée.
L’offensive de l’extrême-droite
L’extrême-droite brésilienne a obtenu une victoire tactique sur toute la ligne sur trois fronts : Premièrement, la campagne contre Alexandre de Moraes a été stimulée quand Mendonça a révélé des messages entre le juge et Daniel Vorcaro, l’ancien propriétaire de la Banque Master et une figure centrale d’un réseau de corruption. Cette révélation illégale et inédite était destinée à ôter la tache de la suspicion sur Flávio Bolsonaro et à frapper directement Lula.
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