PATRIOTISME, PROLÉTARIAT ET SOCIALISME
Par Gilliatt De Staerck, secrétaire général de l’OCF
Face à l’effondrement des services publics, à l’austérité permanente imposée par les superstructures supranationales (UE, OTAN) et à la menace du fascisme, la question nationale est trop souvent abandonnée soit aux dérives du nationalisme bourgeois et chauvin — outil de division au service du capital —, soit au déni idéologique d’une gauche abstraite. Cet exposé cherche à démontrer que la maîtrise de la question patriotique n’est pas un repli identitaire, mais le levier indispensable de la souveraineté populaire et de la lutte des classes. En s’appuyant sur l’analyse matérialiste du salariat contemporain et sur le niveau de plus en plus élevé de socialisation de l’économie, cette réflexion pose les bases d’un patriotisme populaire et révolutionnaire. Articulé à l’internationalisme prolétarien, il vise à unifier le prolétariat pour lui permettre de s’ériger en classe nationale, de briser le carcan capitaliste et d’ouvrir concrètement la voie au socialisme.
I – Patriotisme populaire contre nationalisme chauvin
Définition du patriotisme
Le patriotisme ne saurait être réduit à une affection abstraite, sentimentale ou folklorique pour une terre natale. Dans une perspective matérialiste et historique, le patriotisme se définit avant tout par la capacité des classes dominées à défendre les conquêtes démocratiques et les transformations sociales progressistes de leur pays, l’état de développement des forces productives dans la période historique considérée déterminant quelle classe sociale joue le fer de lance patriotique. Le patriotisme s’oppose ainsi au nationalisme et à toute stratégie qui miserait sur la désagrégation ou la destruction du pays — de l’intérieur comme de l’extérieur — pour mettre fin à ces conquêtes qui remettent en cause le règne des classes dominantes du moment.
Loin d’être un concept réactionnaire, le patriotisme trouve en effet ses racines modernes dans les luttes populaires de libération et de transformation sociale. Comme l’a montré la tradition du « patriotisme socialiste », la défense de la patrie n’est pas la défense de l’État bourgeois figé et de ses structures d’exploitation, mais celle du peuple travailleur qui constitue le cœur vivant de la nation. Le patriotisme s’affirme effectivement et historiquement chaque fois que les masses lient la souveraineté nationale à la souveraineté populaire : des Sans-culottes de 1793 défendant l’idéal d’une République sociale contre la coalition des monarchies absolues, aux Communards de 1871 refusant la capitulation de la bourgeoisie versaillaise, jusqu’aux FTP-MOI et aux résistants du Conseil National de la Résistance (CNR) en 1944.
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Patriotisme, prolétariat et socialisme - Jeunesse du monde
Cet exposé cherche à démontrer que la maîtrise de la question patriotique n'est pas un repli identitaire, mais le levier indispensable de la souveraineté populaire et de la lutte des classes.
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