A propos de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv de juillet 1942
Il n’y a qu’une vérité
Si on peut toujours travestir l’histoire, on ne peut jamais sortir gagnant si on ne s’en inspire pas pour avancer vers des lendemains meilleurs. Certes, reconnaître les vérités historiques peut parfois être douloureux, mais le courage de les affirmer grandit son auteur.
Hier, lors des commémorations de la rafle du Vel d’Hiv qui avaient vu, il y a 70 ans, quatre jours durant, les gendarmes français arrêter des milliers de Juifs, sans qu’un seul Occupant ne vienne leur prêter main forte, François Hollande a mis ses pas dans ceux de Jacques Chirac. Il a reconnu toute la responsabilité de l’Etat français comme l’avait fait en son temps l’ancien président corrézien.
Ce discours de vérité a fait hier l’unanimité de la classe politique, à une exception près, celle de Nicolas Dupont-Aignan qui a accusé le président de la République d’avoir «une lecture bancale de la responsabilité de la France», au prétexte que le régime de Vichy n’était pas la vraie France et que celle-ci, «la France éternelle, était à Londres».
Ce débat fait déjà partie du passé. La vérité historique s’impose et c’est bien des Français en uniforme qui ont rassemblé les Juifs au Vel d’Hiv et à Drancy avant qu’ils ne rejoignent les camps de la mort. Cela restera à jamais comme une tache indélébile.
L’heure est aujourd’hui de rappeler aux plus jeunes ce que fut la barbarie nazie et plus particulièrement le crime de la Shoah. Il y a quelques semaines, des enfants étaient froidement abattus à Toulouse parce qu’ils étaient Juifs. C’est d’abord par l’éducation et l’histoire que le racisme reculera.
Le devoir de mémoire y participe. Il se renforce quand toute la vérité est dite.
Thierry Spriet
Editorial de L’ECHO
Lundi 23 Juillet 2012
Vel d'Hiv : ne pas passer d'un excès à l'autre
Aujourd'hui François Hollande a présidé lui-même les commémorations de la rafle du Vel d'Hiv. Il a eu raison de rappeler cet événement tragique de notre Histoire car il est à jamais une trahison des valeurs fondatrices de notre pacte national. Cependant, en voulant sans doute marqué les esprits, François Hollande a eu une lecture bancale de la responsabilité de la France sous l'occupation nazie.
A l'occasion de son discours, il a déclaré que cette rafle était "un crime commis en France par la France". Une telle phrase dans la bouche d'un Président de la République est une déformation historique. Oui, ce qui s'est passé en juillet 1942 est un crime abominable, oui il s'est passé en France avec des policiers français, mais non il n'a pas été commis par la France.
La France n'était pas une et indivisible à cette époque. Il y avait certes le pouvoir détenu par le régime de Vichy, responsable de cette rafle. Mais la vraie France, la France éternelle, était à Londres. Elle était dans les caves et les maquis à résister contre cette barbarie. Elle était chez ces familles françaises qui ont caché des enfants juifs. En voulant faire un effet d'annonce, François Hollande trahit la mémoire de cette vraie France.
Nous devons faire attention à ne pas passer d'un excès à l'autre sous peine de déformer l'Histoire de France.
Nicolas Dupont-Aignan
Député de l'Essonne
Président de « Debout la République »
Le 22 juillet 2012


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