COUP D'ÉTAT en UKRAINE et position du PCF
Les Ukrainiens doivent pouvoir décider librement leur destinée
Les violences qui ont fait 26 morts et plusieurs centaines de blessés à Kiev sont insupportables.
Le président Ianoukovitch doit stopper la répression contre les manifestants et, comme garant de l'État de droit, contribuer à mettre fin à toutes les violences qui aujourd'hui profitent aux forces les plus réactionnaires ukrainiennes puisque, d’après les témoignages sur place, les groupes ultranationalistes de la droite extrême ont débordé les dirigeants de l’opposition alors qu’en début de semaine on semblait s’approcher de l'accalmie et de discussions entre le pouvoir du président Viktor Ianoukovitch et les dirigeants de l’opposition Arseni Iatseniouk et Vitali Klitschko.
C'est le peuple ukrainien qui, dans cette tourmente, est pris en otage. Après la volte-face du pouvoir sur l'accord d'association avec l'UE, et au lieu de brandir la menace de sanctions, l'Union européenne doit agir de tout son poids pour qu'un débat puisse s'ouvrir entre les différentes forces politiques ukrainiennes. L'UE doit aussi agir maintenant d'urgence pour un véritable dialogue tripartite Ukraine-UE-Russie et éteindre l'incendie qui menace de provoquer une partition de l'Ukraine en deux. Qu'il s'agisse de l'accord d'association avec l'UE ou d'un traité avec la Russie, c'est au peuple ukrainien de trancher par voie référendaire. Les Ukrainiens doivent pouvoir décider librement leur destinée.
le 20 février 2014
*****
Ukraine : Deux oligarchies face à face
La responsabilité des événements est d'abord à chercher du côté du Président Ianoukovitch totalement décrédibilisé par la politique économique et sociale qu’il a menée ces trois dernières années, pensant d’abord à se servir plutôt que de servir son peuple. Ses hésitations, ses marchandages avec la Russie et l'Union européenne ont rajouté à la confusion. Une partie des forces ultra nationalistes a profité de la situation pour faire souffler sur l’Ukraine le vent de la haine et d’un anti communisme hystérique.
Comme l’a déclaré le Parti communiste d’Ukraine il eut fallu consulter par référendum le peuple ukrainien pour qu’il choisisse son avenir. Cela n’a pas été le choix des dirigeants ukrainiens malgré 3 millions de pétitionnaires qui le demandaient. Les grandes puissances, Russie, Union européenne et États Unis ne sont pas neutres dans ce conflit. Les oligarchies se sont succédées au pouvoir en Ukraine depuis l’indépendance en 1991, contribuant au dépeçage de l’économie locale et laissant aux ukrainiens les miettes. La libération de Ioulia Timochenko dans un souci d’apaisement ne doit pas faire oublier qu’elle a aussi « volé » le peuple ukrainien.
L’avenir de l’Ukraine n’est pas écrit, le séparatisme menace. La Russie et l’Union Européenne doivent se parler et ne pas mettre l’Ukraine dans ce choix cornélien de l’un ou l’autre « bloc ». L’Ukraine par sa position géographique, sa structure économique et son histoire doit être un pont entre la Russie et l’Europe occidentale. Mais aucun gouvernement ne pourra longtemps survivre en agitant la seule fibre nationaliste, il faudra qu’il réponde aux exigences sociales légitimes des ukrainiens qu’ils soient russophones ou ukrainophones. Une constitution plus démocratique, le retour du mode électoral proportionnel, l’arrêt des règlements de compte politiques, la lutte contre la corruption d’où qu’elle vienne, l’unité du pays, voilà des revendications que nous soutenons avec le PC ukrainien.
L'Ukraine ne doit pas devenir le champ de manœuvre d'une « guerre froide larvée » entre l'UE, la Russie et les États Unis. On ne peut admettre le chantage comme mode de dialogue diplomatique.
le 25 février 2014
Gilles Garnier, responsable Europe du PCF
----
CE QU’EN PENSE LE DIABLO : On notera que ces déclarations ne diffèrent guère, quant au fond, du discours en cours dans les grands médias occidentaux sinon qu'elles tendent à renvoyer dos-à-dos les forces putschistes et le pouvoir légitime.
Cela permet d'éluder l'essentiel: à savoir qu'il ne s'agit pas, à proprement parler ,d'une révolution populaire mais bien d'un putsch organisé par le Département d'État américain .
Il n'est, en effet ,jamais fait référence aux 5 milliards de dollars versés par Washington à "l'opposition démocratique" ukrainienne.
Par ailleurs, pourquoi omettre de dire que le président Ianoukovitch, tout oligarque qu’il puisse être, a été élu démocratiquement, l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) déclarant le scrutin de 2010 « transparent et honnête ».
Ce qui vient de se dérouler est donc bien un coup d’état ourdi de l’étranger,l’OTAN, les USA , la CIA s’appuyant sur des forces ouvertement nazis et antisémites pour arriver à leurs fins.
Aujourd’hui, ces forces font régner la terreur dans certaines régions d’Ukraine où il ne fait pas bon être connu comme communiste ! Une véritable chasse aux sorcières est engagée à trois heures d’avion de la France.
Nous aurions pu espérer de la part de ceux qui s'appellent encore les "communistes français" de fortes marques de solidarité envers les communistes du KPU.
De tout cela, il n’en n’est pas question dans les déclarations du PCF, ce qui n’honore pas ce parti devenu euro-compatible et électoralement déclinant.


/image%2F1449569%2F20250602%2Fob_00c431_che-guevara-affiche-ia.jpg)
/image%2F1449569%2F20230929%2Fob_a9994b_gramsci-portrait.jpg)
/image%2F1449569%2F20231207%2Fob_63cb78_palestine-barghouti-affiche.jpg)
/image%2F1449569%2F20240217%2Fob_caefb2_paix-ensemble-colombe.jpg)