La journée d'action CGT du 6 février 2014 vue par « Le Monde » ...
La CGT a échoué à mobiliser le 6 février
La journée d'action interprofessionnelle que la CGT a pris le risque d'organiser seule, jeudi 6 février, n'a pas fait recette. "Plus de 150 initiatives, organisées à l'initiative de la CGT, à travers toute la France, ont permis à des dizaines de milliers d'hommes et de femmes de réclamer une autre répartition des richesses", affirme la direction de la centrale dans un communiqué.
A Paris, 16 000 militants ont défilé selon la CGT (3 800 selon la police) avec en tête du cortège Thierry Lepaon, son secrétaire général, et dans le défilé Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste, venu saluer "ses amis de la CGT". Des manifestations ont eu lieu à Toulouse (7 000 participants selon la CGT, 2 000 pour la police), à Marseille (35 000 ou 3 000) ou encore à Nantes (entre 900 et 1 500) et à Lille (entre 1 000 et 1 500).
La CGT avait choisi d'organiser cette nouvelle journée d'actions, qui avait pour cible le "pacte de responsabilité" de François Hollande, sans le concours de ses "alliés" de 2013 – FO, la FSU et Solidaires. Dans quelques localités cependant, la FSU, Solidaires et parfois FO ont rejoint la CGT. Le risque pris par Thierry Lepaon était d'autant plus grand que les mobilisations de 2013, contre l'accord de janvier sur la sécurisation de l'emploi puis contre la réforme des retraites, s'étaient soldées par des échecs.
Bas de gamme de l'action syndicale
Ainsi, la CGT avait avancé le chiffre de 120 000 manifestants le 9 avril 2013, dans 163 défilés à travers toute la France. Lors de la mobilisation précédente, le 5 mars, elle avait parlé de 200 000 manifestants. Cette fois, le 6 février, elle est restée dans le vague en évoquant "des dizaines de milliers" de manifestants alors qu'aucun arrêt de travail visible, notamment dans le secteur public, n' a été enregistré.
La centrale se contente de parler "des milliers de tracts distribués aux portes des entreprises et dans les lieux publics, des conférences de presse, des 'opérations filtre' aux péages des autoroutes, des arrêts de travail, des assemblées générales, des rassemblements et délégations devant les chambres patronales, les préfectures et les sièges d'entreprises"... Une longue liste dans le bas de gamme de l'action syndicale.
Contre toute évidence, la CGT voit dans cette journée "un tournant" qui a "démontré la capacité des salariés à faire irruption sur la scène sociale pour prendre leur destin en mains". Thierry Lepaon a saisi cette occasion pour poursuivre son escalade verbale contre François Hollande. Après avoir affirmé dans une interview au Mondequ'il avait le sentiment que le premier ministre était Pierre Gattaz, et avoir invité le président de la République, le 28 janvier sur RTL, à "sortir" de "sous les jupons d'Angela Merkel", il a estimé, le 6 février, que François Hollande s'était "pacsé avec le président du Medef".
Débat sur les "suites" à donner
Le comité confédéral national de la CGT – son parlement –, qui se réunit les 11 et 12 février, est invité à débattre "des suites" de ce coup d'épée dans l'eau, ce qui indique que la centrale devait accepter la proposition de FO de participer à une grève interprofessionnelle le 18 mars, à cinq jours du premier tour des élections municipales. La CFDT a déjà indiqué qu'il était "hors de question" qu'elle y participe.
Ce même 6 février, Pierre Gattaz a écrit aux dirigeants des cinq confédérations pour les inviter à une réunion au Medef d'ici à la fin du mois de février pour construire "un cadre d'action" pour le pacte de responsabilité et envisager des "engagements possibles" sur l'emploi. Ni la CGT ni FO ne bouderont cette invitation.
le 7 février 2014
source: Social Blog Le Monde


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