Il faut nationaliser la SNCM pour stopper les manœuvres
La SNCM sur le continent et en Corse c'est : 1500 salariésen CDI, 400 en CDD, 300 à 500 saisonniers et 1800 emplois induits à Marseilleet 600 en Corse, soit 4800 emplois. Les offres de reprise de la SNCM oscillententre 650 et 900 salariés !
Le 11 mai 2015 le tribunal decommerce de Marseille a reporté au 18 novembre "la période d'observation" de la SNCM en redressement judiciaire depuis novembre 2014.
Le journal Les Echos voit là l'occasion donnée "aux repreneurs d'affinerleurs offres". Et les salariés qu'est-ce qu'ils en pensent? Ils continuentde se battre contre la casse programmée de la SNCM... Non, la presse n'est paslà pour relayer leurs luttes!
La seule question qui doit être posée est pourquoi la SNCM est menacée de disparition. Quel est l'objectif des actionnaires majoritaires, de l'Etat, de la Commission européenne, du tribunal de Commerce de Marseille qui vont tous dans le mêmesens : la mise à mort de la Société Nationale Corse Méditerranée (SNCM) compagnie viable mais qu'ils veulent couler.
En novembre 2014, Transdev (Veolia et la Caisse Des Dépôts et Consignations) a exigé de la SNCM leremboursement de 117 millions d'euros d'avance de trésorerie. Le directeur de la SNCM, Olivier Diehl, élu grâce aux voix de Transdev et de du gouvernement aaussitôt déposé le bilan, arguant que la SNCM n'avait pas les fonds pour rembourser. Ce que contestent les syndicats : la compagnie avait dans sescaisses en octobre 2014 : 35 millions de liquidité, 230 millions d'actifs navals, 60 millions issus de la prime d'assurance d'un de ses navires - que Transdev a mis sous séquestre et qu'il compteutiliser pour un plan social !- 23 millions dus par la Collectivité Territoriale Corse (CTC) et 19,5 millions duspar l'Office des transports de la Corse au nom de la Délégation de ServicePublic (DSP).
Rien ne forçait Transdev et l'Etat à placer la SNCM en redressementjudiciaire, sauf une volonté affirmée depuis longtemps de casser la SNCM.Transdev, l'Etat, le Parlement, la Commission européenne, le tribunal de Commerce tous responsables et complices.
La SNCM est détenue à 68% par Transdev (Veolia 40% des parts et la Caisse des Dépôts et Consignations 60%), à 25% par l'Etat et 9% par les salariés. L'Etat possède de fait plus de 66% du capital de la SNCM, il avait le pouvoir de s'opposer à sa mise en redressement judiciaire.
La responsabilité du gouvernement socialiste est entière tout comme celle de l'Assemblée Nationale. La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) est une institution financière publique placée sous le contrôle direct d'une Commission desurveillance rendant compte au Parlement. Le directeur de la CDC estnommé par le Président de la République.
"Le frondeur PS", Henri Emmanuelli, président de la Commission de Surveillance depuis 2012, déclarait devantle Parlement : « La CDC n'a pas vocation a être actionnaire de la SNCM », les députés PS, UMP, FN ont acquiescé. l'Assemblée qui contrôle la CDC avait tous les pouvoirs pour s'opposer à la mise en redressement judiciaires de la SNCM. Les députés avec le gouvernement PS en portent l'entière responsabilité. C'est une décision politique qui répond à l'exigence du capitalisme de casser le code du travail, d'abaisser le prix de la force detravail et de détruire le service public.
La Commission Européenne réclame le remboursement de 220 millions d'aides publiques versés en 2006 lors de la privatisation et 220 millions touchés au nom de la Délégation de Service Public (entre la Corse et le Continent). En 2006, les 220millions ont été versés à Butler et à Veolia (alors actionnaires majoritaires),s'il faut rembourser c'est aux actionnaires de le faire.
La Commission Européenne multiplie les mises en demeure à l'égard de la SNCM. Mais elle ne donne passuite à la plainte déposée en 2013 par le syndicat CGT des marins de Marseille contre Corsica Ferries qui a reçu de l'Etat, donc des contribuables, 185 millions d'euros de subventions au titre de "l'aide sociale" et dont elle s'est servie pour se développer commercialement sur les lignes de Nice et de Toulon avec la Corse, et consolider ainsi sa présence dominante sur ces ports.
Le Chantage du gouvernement associé à la Commission européenne
La Commission européenne conditionne l'abandon du remboursement des 440 millions d'euros à l'obligation de discontinuité pour les repreneurs. Cette "discontinuité" suppose : qu'ily ait un nouvel actionnaire avec un capital qui exclue l'Etat, un périmètre d'activité qui ne soit plus le même, une restructuration humaine (baisse deseffectifs) et logistique faite en profondeur".
Autrement dit la Commission européenne organise avec le gouvernement la vente à la découpe de la SNCM.
Hollande et Valls voudraient même aller plus loin que laCommission européenne, ce qu'ils demandent c'est la liquidation de la SNCM. Le Gouvernement socialiste veut finir ce que la droite a commencé et n'a pas pu mener à bien grâce à lamobilisation des salariés et de la population qui a contré la privatisationtotale de la SNCM.
Le gouvernement PS veut livrer le transport maritime enméditerranée aux sociétés à bas coût battant pavillon de complaisance. Depuis septembre 2014 les cars ferriesde la SNCM ne desservent plus la Corse à partir de Marseille, Toulon et Nice etles liaisons par cargo entre Toulon, Nice et la Corse se sont arrêtées en mars 2015. Corsica Ferries France (CFF) a le monopole des traversées au départ de Toulon et elle reste seule surle marché des ferries à partir de Toulon et Nice. Dès maintenant la CFFeffectue 65% du trafic des passagers entre le continent et la Corse, la concurrenceest terminée, les tarifs ne sont plus vraiment à la baisse...
Trois candidats ont été retenus par le Tribunal de Commerce de Marseille, leurs offres ont été jugées insuffisantes ils doivent revoir leur copie...
La future compagnie aurait doncdes équipages mixtes français et extra UE. Les salaires seront plus bas et les marins français engagés sous le pavillon bis européen n'auraient plus droit à la Sécurité Sociale maritime française. Actuellement ce pavillon est interdit, par décret, surles lignes entre la France et le Maghreb, mais un décret peut défaire ce que lepremier a instauré.
Le gouvernement PS multiplie les attaques contre lepavillon français. En avril le pavillon français a été exclu de la liaison gazière Marseille-Corse. ENGIE (GDF Suez), Butagaz et Antargaz ont choisi d'affréter un gazier battant pavillon maltais, avec un équipage 100% non communautaire pour acheminer en Corse butane, propane depuis Lavera près deMarseille. Depuis 12 ans, cette liaison de cabotage national était assurée par un navire français de Geogas maritime. Il a été écarté alors que son offre, avec pavillon français et officier français, était équivalente en terme de prix.
C'est la première fois qu'un pavillon de complaisance flottera sur un navire assurant une liaison entre deux régions françaises.
La politique du gouvernement PS, en accord avec l'UMP, le Front National répond à toutes les exigences des capitalistes aucun domaine d'activité n'est épargné. Les transports maritimes, aériens, terrestres sontlivrés a des sociétés "low cost" au mépris des intérêts économiques de la France et des travailleurs. La casse de la SNCM c'est un désastre économique et social. C'est la quasi disparition du pavillon maritime français de la méditerranée.
La lutte stoppera l'entreprise de démolition de la SNCM menée par le gouvernement à la solde des capitalistes, les centrales syndicales doivent appeler à une lutte interprofessionnelle, nous sommes tous concernés.
Pour "Communistes" la nationalisation sans indemnisation de la SNCM comme de l'ensemble des transports assurera leur développement répondant aux besoins de la société.
SOURCE: