Le MARXISME est la science sociale de notre temps [Par Jean-Claude Delaunay]
Note de Danielle Bleitrach : Dans le cadre du dialogue théorique en perspective du Congrès, voici une importante contribution d’un économiste qui travaille et vit actuellement en Chine publié par le site « faire vivre le PCF » qui a lancé la proposition d’une base commune. Un recentrage indispensable sur l’industrie, la classe ouvrière qui réunit différentes approches. Quelque chose est en train de remuer dans le PCF au-delà de l’étroitesse et des ornières de ces dernières années.
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Je fais partie de ceux qui ne sont pas nés dans un berceau tapissé par les œuvres de Marx. J’ai cependant consacré mon existence de chercheur à comprendre, à l’aide de cette théorie, ce qu’est le capitalisme. J’ai étudié de près certains de ses instruments, la comptabilité nationale par exemple. J’ai cherché à mesurer le taux d’exploitation des travailleurs en France sur près d’un siècle. Au milieu de ma vie professionnelle, j’ai cherché à comprendre ces activités que l’on appelle les services et qui étaient, dans un pays comme la France, en pleine expansion. Plus récemment, je me suis intéressé au processus de mondialisation du capitalisme. Dans ce contexte, je me suis vivement intéressé à l’économie chinoise et au socialisme en Chine. Cela dit, mon intervention porte uniquement sur les services et leur rapport à l’industrie.
Jean-Claude DELAUNAY
LE PHENOMENE DES SERVICES
Quand on traite des services, on entre sur un terrain brulant pour ce qui a trait au marxisme.
Certaines théories considèrent que les services ne modifient pas la théorie de Marx. Ces activités ne seraient que des extensions de la division du travail et seraient remplacés ou modifiés, grâce aux machines, comme le sont les biens. D’ailleurs, parfois, des biens sont produits à leur place et ces biens (par exemple les disques, les CD) se substituent à eux. Dans un registre différent, le développement des services serait surtout la manifestation de l’impérialisme et de ses formes financières et bureaucratiques contemporaines.
Mais la plupart des théories considèrent que l’apparition massive des services remettrait en cause le bien-fondé de la théorie de Marx. Ils relèveraient de la production immatérielle. Or le problème que Marx voulait traiter aurait été celui de la propriété privée des biens matériels. Notre époque, qui serait celle de l’immatérialité, anéantirait, pour cette raison, la problématique révolutionnaire de Marx. Selon d’autres théories, le marxisme reposerait sur l’analyse des relations Hommes-Machines. L’apparition massive des services indiquerait que l’analyse devrait porter désormais sur des relations de type Hommes-Hommes. Par conséquent, le marxisme aurait été une analyse de l’Economique. Le monde contemporain serait celui de La Politique. Enfin, les services produiraient une sociologie totalement différente de celle imaginée par Marx. Ils témoigneraient de l’émergence de nouvelles classes moyennes, ce qui obligerait à repenser le rôle directeur de la classe ouvrière dans le processus révolutionnaire. Tels sont, à mon avis, les principales théories qui, émises à propos des services, concernent la théorie de Marx […]
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