AFFAIRE DE NANTERRE : LE TEMPS DU CHANTAGE JUDICIAIRE
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La tragédie de Nanterre, au-delà de sa signification politique et sociale, démontre une fois de plus l’inculture juridique et judiciaire non seulement de l’opinion publique de notre pays, mais également de ses classes politique et journalistique. Cette ignorance de ce qu’est, et de ce que doit être la justice rôle du droit dans une démocratie représentative permet toutes les manipulations et toutes les démagogies. Nous en avons eu de beaux exemples avec le choix du slogan « justice pour Nahel, pas de justice pas de paix » et la polémique autour de la cagnotte Messiha. LFI en tête, qui envoyait ses perroquets sur les plateaux ânonner des slogans auxquels manifestement ils ne comprenaient pas grand-chose. Accompagnés par les belles âmes demandant l’interdiction « de la cagnotte de la honte ».
Les premières constatations
Du point de vue judiciaire, la mort du jeune Nahel est un événement que l’institution prévue à cet effet va appréhender, pour d’abord dans un premier temps établir ce qu’il s’est passé, puis qualifier juridiquement les faits pour en tirer les conséquences par des décisions ayant force exécutoire. Dans la mesure où l’État va exercer à cette occasion sa « violence légitime », le processus d’élaboration doit être strictement normé et pour fonctionner, la justice pénale doit respecter un certain nombre de principes essentiels, en général très mal connus, et assurer un débat contradictoire – seul moyen d’appréhender le réel pour aboutir à une « vérité judiciaire » utilisable par le juge. Et c’est tout, simplement tout. La justice, comme la plus belle des femmes, ne pouvant donner que ce qu’elle a.
Malheureusement pour différentes raisons, faute de moyens et du fait d’une politisation dangereuse, la justice française est à la dérive. Et ceux qui poursuivent des objectifs sans rapport avec cette mission vont systématiquement et à chaque fois tenter de la manipuler. L’affaire Nahel en est une nouvelle illustration. Et l’on sait qu’assigner à la justice des objectifs qui ne sont pas les siens implique nécessairement la mise en cause des principes fondamentaux et par conséquent des libertés publiques.
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