Quand L’ABAYA voile la destruction de l’école laïque publique [TRIBUNE]
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Monsieur ATTAL, nouveau ministre de l’Éducation Nationale, a annoncé plusieurs mesures pour la rentrée dont celle, approuvée majoritairement en France, d’interdire les abayas dans l’institution scolaire, mais règle-t-il le problème ?
L’immense connerie des dirigeants des partis qui ont invité Médine à leurs universités d’été permet à Monsieur ATTAL de se faire un « coup de com’ » bon marché. En effet, le mini-scandale médiatique d’été occulte l’ensemble de l’ardoise sociale et environnementale de ce gouvernement, et le nouveau ministre enchaîne sur l’interdiction des abayas que de nombreux médias reprennent en boucle. Ce ministre et les médias pourraient peut-être se demander ce qu’a fait son gouvernement ? Mais non, le débat se concentre alors sur cette tenue, uniforme rebelle d’une identité fantasmée de certaines, prosélyte, mais dont l’interdiction interroge puisque l’essentiel, le « comment », n’est pas éclairci. Quelles explications aux élèves donne-t-on ? Comment fera-ton face à leur adaptation pour mettre « cette tenue tout en la mettant pas » et construire du conflit autour de la « police du vêtement » ? Comment les principaux des établissements feront-ils ? Certains l’exécuteront, mais que feront les autres, là où il y a les conflits risquent d’être importants ? La manœuvre politique focalise le débat autour de l’islamisme satisfait l’électorat de droite et voile l’essentiel : les atteintes à la laïcité révèlent les dysfonctionnements toujours plus importants du service public de l’éducation.
En effet, les rentrées sont toujours plus compliquées, alors qu’elles ne constituaient pas un évènement majeur « avant ». Le ministre a annoncé 15 millions d’heures perdus à cause de professeurs non remplacés soit une année en moins de cours. Ensuite, il déconstruit l’action des précédents ministres de son gouvernement. Il revient sur les savoirs fondamentaux et remet en cause le BAC Blanquer qui se révèle être un véritable échec provoquant une hausse de l’absentéisme. Certes, il existe enfin la prise en compte du harcèlement scolaire, véritable drame, mais cela reste une annonce. La seule déduction possible de l’action actuelle de ce gouvernement c’est que « la déconstruction mutuelle » des ministres est semblable à celle de Médine aux universités d’EELV.
L’abaya outre qu’elle voile l’agitation désordonnée des membres de ce gouvernement, cache l’inégalité entre les moyens consacrés aux élèves scolarisés dans le public ou le privé. Les plus riches parents comme le montre les statistiques de l’éducation nationale, désertent l’école publique (beaucoup de musulmans mettent leur rejeton dans l’école catholique…). L’accord signé avec les écoles privées sur « la mixité sociale » n’est pas contraignant et ne sert à rien. Auparavant, un étudiant muni de son bac s’inscrivait dans l’université de son choix. Avec Parcourssup, la sélection des élèves selon des critères qui restent mystérieux est la norme. Les politiques de revalorisation salariale des professeurs (dont on a démolit la formation), sous forme de primes, parfois conditionnés à une augmentation de la charge de travail, touchent d’abord les plus jeunes et très modestement les plus vieux.
Une mesure radicale règlerait la question de l’abaya : le costume scolaire gratuit dans l’école publique (primaire-collège-lycée), il pourrait être payant dans les écoles privées. Il ne réduit pas la liberté individuelle « du client » que serait l’élève, il renvoie au fait qu’il n’en est pas un en République. Ce costume renvie au commun contrairement à l’uniforme issus des fringues de marque du jeune pseudo-rebelle capitaliste aliéné dans une société de consommation ou du jeune pseudo-rebelle religieux endoctriné. Il reflète un universalisme appliqué, où l’égalité du droit et des moyens se conjuguent dans l’émancipation. Malheureusement, compte tenu de la densité intellectuelle et politique actuelle, en particulier des mouvements qui devraient défendre la république sociale, une telle proposition ne peut pas être à l’ordre du jour sans être dévoyée. L’abaya est utile à ce gouvernement pour agiter le chiffon vert islamiste dans sa manipulation politique. Comme l’indique l’excellent article de Laurence David dans « Causeur » : l’acteur a changé, le scénario reste. Le problème c’est qu’on ne joue pas avec les religions surtout lorsqu’elles contaminent l’esprit de nos enfants….
Réseau social laïque
SOURCE: Facebook


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