Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Information

1 Mon blog est un blog militant indépendant, sans prétention, bien évidemment non-commercial et totalement amateur. Les images (photos , dessins, vidéos), les textes dont je ne suis pas l'auteur ainsi que les musiques et chants seront supprimés de mon blog sur simple demande par courriel.

2 Je publie textes et communiqués émanant d'auteurs et d'organisations diverses.Ces publications ne signifient pas que je partage toujours totalement les points de vue exprimés.

3 Je décline toute responsabilité quant au contenu des sites proposés en liens.

Salut et fraternité

El Diablo

Une adresse pour tout contact

et pour commenter les articles : 

moimicdup@gmail.com

 

CE QUE NOS LECTEURS DOIVENT SAVOIR :

Le blog Commun Commune est un blog indépendant des partis politiques et des syndicats - Sa ligne éditoriale est humaniste, progressiste et franchement euro-critique.  Il a vocation à nourrir le débat, y compris sur des sujets qui peuvent faire polémique, dans un esprit ouvert, hors tout sectarisme et tabous. Dans ce cadre, défenseur de la liberté d'expression, il donne à connaître des points de vue divers - hors tous propos racistes et/ou antisémites - y compris ceux qu'il ne partage pas forcément.

Si, par mégarde, un manquement à ces règles venait à apparaitre nous vous remercions de bien vouloir nous le signaler afin que nous procédions aux rectifications nécessaires. 

 

******

« Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes »

Bossuet

« Celui qui combat peut perdre, mais celui qui ne combat pas a déjà perdu. »

Bertolt Brecht

Les vérités qu’on aime le moins à apprendre sont celles que l’on a le plus d’intérêt à savoir.

Proverbe chinois

Ça devient difficile d'être de gauche, surtout si l'on est pas de droite

Guy Bedos 

« Si tu trembles d'indignation à chaque injustice, alors tu es un de mes camarades. »

Ernesto Che Guevara

« Pour se protéger la bourgeoise inventera un antifascisme contre un fascisme qui n'existe pas »

Pasolini, « Écrits Corsaires »

******

DÉCLARATION de l’ACADÉMIE FRANÇAISE

sur l'ÉCRITURE

dite « INCLUSIVE »

adoptée à l’unanimité de ses membres dans la séance du jeudi 26 octobre 2017

Prenant acte de la diffusion d’une « écriture inclusive » qui prétend s’imposer comme norme, l’Académie française élève à l’unanimité une solennelle mise en garde. La multiplication des marques orthographiques et syntaxiques qu’elle induit aboutit à une langue désunie, disparate dans son expression, créant une confusion qui confine à l’illisibilité. On voit mal quel est l’objectif poursuivi et comment il pourrait surmonter les obstacles pratiques d’écriture, de lecture – visuelle ou à voix haute – et de prononciation. Cela alourdirait la tâche des pédagogues. Cela compliquerait plus encore celle des lecteurs.

Plus que toute autre institution, l’Académie française est sensible aux évolutions et aux innovations de la langue, puisqu’elle a pour mission de les codifier. En cette occasion, c’est moins en gardienne de la norme qu’en garante de l’avenir qu’elle lance un cri d’alarme : devant cette aberration « inclusive », la langue française se trouve désormais en péril mortel, ce dont notre nation est dès aujourd’hui comptable devant les générations futures.

Il est déjà difficile d’acquérir une langue, qu’en sera-t-il si l’usage y ajoute des formes secondes et altérées ? Comment les générations à venir pourront-elles grandir en intimité avec notre patrimoine écrit ? Quant aux promesses de la francophonie, elles seront anéanties si la langue française s’empêche elle-même par ce redoublement de complexité, au bénéfice d’autres langues qui en tireront profit pour prévaloir sur la planète.

 

Archives

 

Publié par El Diablo

Capture d'écran

 

Au scrutin pour le renouvellement du parlement du Land, l’AfD a surfé sur les terribles frustrations et souffrances sociales pour s'imposer et paraît assurée de s’emparer du poste de ministre-président.

Décryptage avec Bruno Odent et Théo Bourrieau, journalistes à « l'Humanité ».

 VIDÉO CI-DESSOUS: 

 

Percée inédite de l’extrême droite aux élections régionales en Allemagne

L'extrême droite réalise une percée inédite en Saxe-Anhalt, une région du quart nord-est de l'Allemagne. Quelque 1,7 million d'électeurs étaient appelés à voter dans ce Land où le parti d'extrême droite Alternative für Deutschland (AfD) a remporté une très large victoire. “Nous avons écrit l'histoire”, s'est félicité le leader régional Ulrich Siegmund.

Avec entre 44 et 44,5%, Alternative für Deutschland devance largement les conservateurs (CDU) qui ont obtenu 18,5%. L'extrême droite obtient ainsi 39 sièges au Parlement régional, alors qu'il en faut 42 pour la majorité absolue.

Jusqu'ici, tous les partis ont exclu de gouverner avec l'extrême droite, à l'exception du petit parti de gauche prorusse BSW, dont les membres sont partagés sur cette question. Et c'est grâce à ce cordon sanitaire contre l'AfD que le conservateur Sven Schulze pourrait rester au pouvoir : en constituant une coalition avec d'autres formations représentées au Parlement régional.

 

 

MERZ SUR UN SIÈGE ÉJECTABLE ? L’UE EN PHASE TERMINALE ?

Les élections du 6 septembre en Saxe-Anhalt constituent un tournant historique, dont les conséquences politiques et géopolitiques s'annoncent très importantes, voire dévastatrices pour le camp euro-mondialiste.

CONSÉQUENCES IMMEDIATES :

Avec une très forte participation de 78%, le scrutin se solde par des résultats définitifs spectaculaires :

AfD : 43,8% (+23 points !) 39 sièges

CDU : 17,2% (-20 points !) 15 sièges

SPD : 9,3% (+0,8 point) 8 sièges

Verts : 8,9% (+2,8 points) 8 sièges

Die Linke : 8,6% (-2,4 points) 8 sièges

BSW (Alliance Sahra Wagenknecht) : 5,3% (nouveau parti) 5 sièges

FDP : 2,6 % Éliminé du Parlement (<5%)

Bien qu'ayant réalisé le score le plus élevé de son histoire dans un Land, l'AfD échoue à 3 sièges de la majorité absolue (39 sur les 42 requis).

À moins que tous les autres partis se liguent pour l'empêcher de diriger le Land, ce qui serait périlleux car vécu comme un déni de démocratie, l'AfD va donc gouverner la Saxe-Anhalt, mais en devant composer avec d'autres partis.

Un seul semble disposé à le faire : l'Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), qui est assez comparable à l'AfD, mais à l'extrême-gauche : anti-UE, anti-OTAN, anti-guerre, pro-russe, arrêt de l'immigration.

Dans une alliance inédite que les européistes aux abois tenteraient de disqualifier en la traitant de « rouge-brun », la BSW pourrait participer à un gouvernement AfD, ou se contenter de ne pas le censurer sans y participer, le temps de voir et de juger ses premiers mois.

Dans les deux cas, ce serait un nouveau séisme politique qui briserait le « cordon sanitaire  » (Brandmauer) mis en place par les partis pro-UE contre l'AfD.

CONSÉQUENCES A COURT TERME :

Ce scrutin est une gifle colossale pour le chancelier Merz (CDU), désormais d'autant plus sur un siège éjectable que sa popularité est encore pire que celle de Macron en France.

Comme il va s'accrocher au pouvoir, il ne posera certainement pas la question de confiance au Parlement. Il risquerait de la perdre et d'être contraint de convoquer des élections législatives anticipées qui pourraient se traduire par une nouvelle progression fulgurante de l'AfD.

Reste qu'il est tellement démonétisé que son éviction de la Chancellerie pourrait venir de son propre camp.

Les chefs de gouvernement des Länder encore dirigés par la CDU peuvent en effet très bien organiser une fronde interne menant à son remplacement sans retourner aux urnes, via un mécanisme appelé le « vote de défiance constructif ».

Un candidat plus centriste, comme Hendrik Wüst (ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie), pourrait être désigné par le Bundestag pour lui succéder à la chancellerie.

CONSÉQUENCES A LONG TERME

La Saxe-Anhalt est un ancien Land d'Allemagne de l'est, pauvre et dépeuplé, où une partie de la population regrette la RDA (« Ostalgie »).

Il se classe :

-11e sur 16 en population (2,1 M.hab sur 83,5 M. d'Allemands)

 -12e sur 16 en richesse (PIB de 81,7 Mds€, soit 1,9 % du PIB de l’Allemagne)

Ce qui vient de se passer en Saxe-Anhalt ne préfigure donc pas nécessairement ce qui arrivera dans les 15 autres Länder lors des prochaines élections législatives nationales, prévues en mars 2029. Il n'est pas certain que l'AfD va accéder au pouvoir à Berlin dans 2 ans et demi.

Néanmoins, tous ses thèmes de prédilection, qui sont aussi ceux de la BSW d'extrême-gauche, ont le vent en poupe. Dans toute l’Allemagne comme dans le reste de l’Union Européenne :

- retour à la souveraineté nationale

- sortie de l'UE

- sortie de l'euro

- lutte contre l'immigration torrentielle

- rétablissement des libertés publiques.

Force est de constater que, même si l'AfD a un passé un peu sulfureux et une réputation d'extrémisme très différents des nôtres, tous ces thèmes correspondent à ceux de l'UPR.

Et certainement pas à ceux du RN, de Reconquête ou de LFI, qui refusent le Frexit et soutiennent l'Ukraine contre la Russie.

F.A sur X

LE MONDE À L’ENVERS : Tous les médias pro-UE qualifient de « dangereux », « pro-russe » et « d'extrême-droite » le parti AfD.

COMMENTAIRES :

Mais que dit donc Alice Weidel, la patronne de l'AfD, qui lui vaut des qualificatifs si infamants ?

Elle dit :

-qu'elle veut arrêter les sanctions contre la Russie et discuter de la paix avec Poutine

-que la paix en Ukraine est dans l'intérêt de l'Allemagne

-qu'elle ne veut pas que des soldats et des armes allemands soient envoyés en Ukraine

-et qu'elle « a honte que, après la Seconde Guerre mondiale, des chars allemands soient à nouveau utilisés contre la Russie » !

CONCLUSION :

Tout au long du 20ème siècle, l'une des caractéristiques essentielles de l'extrême-droite allemande était d'être belliciste, et de vouloir notamment attaquer la Russie. La gauche était en revanche le parti de la paix et refusait d'entrer en guerre contre les Russes.

En 2026, par une sorte d'inversion diabolique du sens des choses et des mots, il est qualifié « d'extrême droite » le fait de vouloir faire la paix avec les Russes et d'avoir honte de songer à envoyer des soldats et des blindés sur le front russe !

Et il est qualifié comme étant « dans le camp des démocraties » et « de gauche » le fait de vouloir poursuivre une boucherie humaine dont la responsabilité première incombe à l'OTAN. Au risque de déclencher une troisième guerre mondiale, qui pourrait potentiellement détruire l'humanité entière !

Ne nous laissons pas intoxiquer par la perversion du sens des mots et des catégories politiques. Et exigeons-nous aussi la paix et la fin de l'agression de l'OTAN contre la Russie par Ukraine interposée.

F.A. sur X

Commenter cet article

L
Le résultat des élections régionales en Saxe-Anhalt constitue incontestablement un événement politique majeur. Avec 43,8 % des suffrages et 39 sièges, l’AfD réalise une progression spectaculaire, tandis que la CDU s’effondre à 17,2 %. La participation atteint 77,8 %, soit une progression considérable par rapport au scrutin précédent. L’AfD devient ainsi la première force politique dans les 218 communes du Land et ne manque la majorité absolue que de trois sièges. Nous devons l'étudier concrètement. <br /> <br /> Il serait donc particulièrement imprudent de réduire ce scrutin à une simple poussée conjoncturelle de l’extrême droite ou à une réaction irrationnelle d’une partie de l’électorat allemand. Une analyse matérialiste doit partir des conditions réelles dans lesquelles les hommes et les femmes vivent, travaillent et produisent.<br /> <br /> La Saxe-Anhalt est profondément marquée par les transformations économiques et sociales intervenues depuis la réunification allemande. La restructuration brutale d’une grande partie de l’appareil productif est-allemand, la disparition massive d’emplois industriels, le départ d’une partie de la population active vers l’Ouest, le vieillissement démographique, la faiblesse relative des revenus et un chômage supérieur à la moyenne allemande ont produit une réalité sociale particulière. Les difficultés plus récentes liées à l’inflation, aux prix de l’énergie et aux inquiétudes concernant l’avenir industriel ont encore renforcé ce sentiment de fragilité. La colère qui s’exprime dans les urnes ne tombe donc pas du ciel.<br /> <br /> Le fait que l’AfD réalise une percée considérable dans les catégories populaires et notamment parmi les ouvriers doit précisément nous conduire à prendre cette réalité au sérieux. Une partie importante de ceux qui subissent les conséquences des transformations du capitalisme allemand ne se reconnaît plus dans les forces politiques traditionnelles et cherche une organisation capable d’exprimer son rejet de l’ordre existant. La question marxiste n’est donc pas de savoir pourquoi ces travailleurs seraient devenus subitement « réactionnaires » ou favorable à un pacte raciste comme le prétend LFI. Elle consiste à comprendre pourquoi une colère produite par des contradictions sociales réelles trouve aujourd’hui son débouché politique dans une organisation nationaliste plutôt que dans une organisation de classe.<br /> <br /> C’est à cet endroit que le second texte de l’UPR commet une erreur fondamentale.<br /> <br /> Il identifie correctement plusieurs symptômes de la crise, notamment la perte de confiance dans les institutions, le sentiment de déclassement, la question de la souveraineté, le rejet de certaines orientations européennes et les inquiétudes liées à la guerre. Mais au lieu de poursuivre l’analyse jusqu’aux rapports sociaux qui produisent ces phénomènes, il transforme presque immédiatement ces éléments en validation de sa propre grille souverainiste. Il passe ainsi de la constatation de contradictions réelles à une conclusion idéologique qui tend à présenter l’AfD et le BSW comme des variantes d’une même contestation « anti-système », voire à rapprocher leurs positions de celles de la gauche radicale.<br /> <br /> Or une convergence sur certaines questions ne suffit jamais à déterminer la nature de classe d’une organisation. Une formation politique peut être opposée à l’OTAN, favorable à une négociation avec la Russie, critique de l’Union européenne ou hostile à certaines politiques migratoires sans remettre en cause le pouvoir économique du capital. Pour déterminer la nature réelle d’un parti, il faut regarder les rapports de propriété qu’il entend maintenir ou transformer, la place qu’il accorde au capital et au travail, sa conception du crédit, de l’investissement, de l’industrie, de la fiscalité et des services publics, ainsi que les pouvoirs qu’il entend donner aux travailleurs sur les décisions économiques.<br /> <br /> C’est précisément ce que le texte de l’UPR ne fait pas.<br /> <br /> Le marxisme ne définit pas un parti par quelques-uns de ses slogans, mais par la place qu’il occupe dans les rapports de classe et par le projet de société qu’il porte. Être favorable à la souveraineté nationale ne fait pas de vous un communiste. Être hostile à l’OTAN ne fait pas de vous un communiste. Être favorable à la paix ne fait pas de vous un communiste. Critiquer l’Union européenne ne fait pas davantage de vous un communiste. La question déterminante demeure toujours celle du pouvoir économique.<br /> <br /> Qui possède les moyens de production ? Qui contrôle le crédit ? Qui décide des investissements ? Qui contrôle les grandes entreprises ? Quelle politique salariale ? Quels droits pour les travailleurs dans l’entreprise ? Quelle fiscalité sur le capital ? Quelle place pour la propriété publique ? Quel pouvoir politique pour les classes populaires ?<br /> <br /> C’est cette grille qui permet de comprendre le succès de l’AfD, sans reprendre son discours.<br /> <br /> L’AfD ne crée pas nécessairement la colère sociale dont elle bénéficie. Elle lui fournit une interprétation particulière. Là où l’expérience vécue pourrait conduire à interroger la répartition des richesses, le pouvoir patronal, les choix industriels ou la domination du capital financier, elle propose de désigner l’immigration et les étrangers comme responsables. Là où la désindustrialisation pourrait conduire à interroger les mécanismes économiques qui organisent les restructurations et la concentration du capital, elle met en avant Bruxelles et les contraintes européennes. Là où la perte de maîtrise collective sur l’économie pourrait conduire à poser la question du pouvoir des travailleurs sur la production, elle propose essentiellement une restauration de la souveraineté nationale. La force politique de l’AfD réside donc dans sa capacité à articuler des préoccupations matérielles réelles avec une interprétation nationaliste de leurs causes. Elle déplace certaines contradictions de leur terrain social vers un terrain identitaire. La contradiction entre le capital et le travail peut ainsi être reformulée comme une opposition entre les Allemands et les immigrés, tandis que la contradiction entre les besoins sociaux et les politiques économiques peut être transformée en opposition entre le peuple et Bruxelles. C’est pourquoi il serait tout aussi faux de considérer l’ensemble de l’électorat AfD comme composé de fascistes convaincus que de prétendre que l’AfD serait devenue une organisation ouvrière parce qu’elle recueille une importante partie du vote populaire. Une partie de ses électeurs exprime une colère sociale authentique, mais cette colère ne détermine pas automatiquement la politique de l’organisation pour laquelle ils votent. La position objective d’un travailleur dans les rapports de production ne produit pas mécaniquement une conscience politique communiste. C’est précisément le sens de la distinction entre classe en soi et classe pour soi.<br /> <br /> Entre les conditions matérielles d’existence et la conscience de classe interviennent l’idéologie dominante, les expériences historiques, les défaites du mouvement ouvrier, les organisations politiques et syndicales, les médias et, surtout, la capacité ou l’incapacité d’une organisation à transformer les expériences individuelles en conscience collective. Mais cette constatation nous oblige alors à poser une question supplémentaire, qui manque également dans les deux textes que nous commentons.<br /> <br /> Si la colère sociale existe, pourquoi les forces de gauche n’ont-elles pas réussi à la capter ?<br /> <br /> La réponse est particulièrement importante parce que le problème ne peut pas être simplement attribué à l’absence de gauche. La SPD obtient 9,3 %, les Grünen 8,9 % et Die Linke 8,6 %, soit ensemble 26,8 %. Mais cette masse électorale ne s’est pas constituée en alternative populaire cohérente. Surtout, la progression des Grünen et la légère progression de la SPD ne compensent pas le recul de Die Linke, qui passe de 11 % en 2021 à 8,6 % en 2026.<br /> <br /> Il faut donc regarder ce que ces partis ont effectivement proposé aux électeurs.<br /> <br /> La SPD a mené une campagne centrée sur la continuité gouvernementale, l’amélioration concrète du quotidien et la défense d’une politique industrielle accompagnant la transformation écologique. Son programme comportait pourtant des éléments sociaux réels, avec la défense des salaires, des conventions collectives, de la cogestion, de l’emploi industriel, des investissements publics et l’objectif de rendre progressivement les crèches gratuites. Son programme affirmait également que la transformation industrielle devait être planifiée et accompagnée par des investissements publics.<br /> <br /> Mais c’est précisément ici que se trouve sa contradiction fondamentale.<br /> <br /> La SPD propose de mieux organiser et de mieux réguler le capitalisme, mais elle ne propose pas de transformer fondamentalement les rapports de pouvoir qui déterminent la production et l’investissement. Elle reste donc dans une logique de gestion sociale de l’économie de marché. Elle peut répondre à certaines conséquences du système, mais elle ne donne pas aux travailleurs les moyens d’en conquérir les leviers. Cela peut expliquer pourquoi elle ne parvient pas à apparaître comme la force politique capable d’exprimer une rupture avec l’ordre existant. Lorsque la population cherche une transformation, une politique de simple amélioration de la gestion du système peut apparaître trop faible, alors même que certaines de ses propositions sont socialement utiles. Le SPD incarne la classe intermédiaire supérieure.<br /> <br /> Les Grünen présentent une autre forme de réponse. Leur campagne mettait fortement l’accent sur la protection de la nature, le climat, l’égalité des chances, les services publics, la mobilité rurale, les écoles, les soins et une transformation écologique de l’économie. Leur programme comportait également des propositions concrètes concernant le logement, le foncier, les infrastructures locales et la réduction des coûts de l’énergie. Mais leur campagne reste largement construite autour de la modernisation écologique, de la démocratie, des droits et de l’adaptation de l’économie à la transition climatique. Elle ne place pas suffisamment au centre la question du pouvoir de ceux qui travaillent sur les décisions industrielles et économiques. Elle propose une transformation écologique du capitalisme, soit un capitalisme vert et moral, davantage qu’une transformation des rapports de propriété et de pouvoir.<br /> <br /> Pour une partie des classes moyennes urbaines et des électeurs sensibles aux enjeux écologiques et démocratiques, cette proposition peut être attractive. Elle rencontre beaucoup plus difficilement les aspirations d’un prolétariat qui demande d’abord à savoir comment vivre de son travail, conserver son emploi, payer son logement et avoir un avenir dans son territoire.<br /> <br /> Le cas de Die Linke est évidemment beaucoup plus intéressant pour notre réflexion.<br /> <br /> Contrairement à ce que pourrait laisser penser son résultat, Die Linke n’a pas mené une campagne dépourvue de contenu social. Son programme était explicitement centré sur les salaires, les services publics, le logement, la santé, l’éducation, les transports, les communes et la lutte contre la pauvreté. Sa campagne « Heimat ist für alle da » cherchait précisément à répondre aux problèmes matériels du quotidien et à empêcher que la question du territoire et de l’appartenance soit abandonnée à l’extrême droite.<br /> <br /> Dans les dernières semaines, Die Linke a encore renforcé cette orientation avec un programme de neuf mesures comprenant notamment un fonds d’avenir pour l’économie, des investissements dans les crèches, une santé publique renforcée et la protection contre les coupures d’énergie. Elle a également porté, avec d’autres fédérations de l’Est, des propositions sur les salaires, les retraites, le logement, l’éducation et la mobilité. La campagne de Die Linke était donc beaucoup plus proche des préoccupations matérielles du prolétariat que ne le laisse entendre son résultat électoral.<br /> <br /> Et c’est précisément ce qui rend son échec particulièrement instructif.<br /> <br /> Le problème n’est pas que Die Linke aurait simplement abandonné les travailleurs. Le problème est qu’elle n’a pas réussi à transformer une accumulation ou plutôt une juxtaposition de revendications sociales justes en une perspective politique de conquête. Elle dit ce qu’il faudrait financer, construire, protéger et améliorer. Sa campagne a été trop réformiste. Elle a peu expliqué aux électeurs qui détient aujourd’hui les leviers permettant de le faire et comment les travailleurs pourraient conquérir ces leviers.<br /> <br /> Elle défend davantage de services publics, mais sans toujours relier cette bataille à une stratégie globale de transformation de la propriété et du crédit. Elle défend davantage de justice sociale, mais sans toujours transformer cette revendication en affrontement explicite avec les mécanismes de l’accumulation capitaliste. Elle défend le territoire et la protection sociale, mais elle ne parvient pas complètement à faire de la classe travailleuse organisée le sujet politique de cette transformation.<br /> <br /> Autrement dit, Die Linke dispose d’une partie des bonnes réponses sociales mais ne parvient pas suffisamment à construire le rapport de forces permettant de les imposer. C’est une distinction essentielle. Car la politique ne consiste pas seulement à avoir raison sur les besoins sociaux. Elle consiste à créer les conditions politiques, organisationnelles et institutionnelles permettant de satisfaire ces besoins.<br /> <br /> C’est ici que le résultat de Saxe-Anhalt rejoint directement notre réflexion sur le communisme de conquête.<br /> <br /> Le problème posé par l’AfD n’est pas seulement qu’elle dispose d’un discours réactionnaire. Le problème est qu’elle apparaît à une partie des classes populaires comme une force capable de renverser l’ordre politique existant, tandis que les forces de gauche apparaissent davantage comme des forces de gestion, de protection ou de résistance. Même lorsque leurs propositions sont socialement progressistes, elles ne parviennent pas nécessairement à apparaître comme les instruments d’une conquête du pouvoir économique. C’est là que se trouve probablement l’une des raisons profondes du déplacement d’une partie du vote populaire. Le prolétariat ne demande pas seulement des prestations publiques supplémentaires. Il demande, consciemment ou non, à reprendre prise sur son existence. Il demande à savoir pourquoi son usine ferme, pourquoi son salaire stagne, pourquoi son territoire se vide, pourquoi son logement devient inaccessible, pourquoi les services publics disparaissent et pourquoi les décisions qui déterminent son avenir semblent toujours être prises ailleurs. Si la gauche répond à ces questions uniquement par des mesures compensatoires, elle laisse un espace politique considérable à ceux qui proposent une explication simplifiée de ces mêmes phénomènes, engendrant de la fausse conscience.<br /> <br /> C’est précisément là que la bataille idéologique devient une bataille de classe.<br /> <br /> La question n’est donc pas de choisir entre le social et la souveraineté, entre l’écologie et l’industrie, entre la paix et la transformation économique, ou entre la défense des services publics et la réindustrialisation. La question communiste consiste à relier ces dimensions dans une même stratégie.<br /> <br /> C’est ce que nous devons tirer de Saxe-Anhalt pour la France.<br /> <br /> La France connaît elle aussi la désindustrialisation, les difficultés de pouvoir d’achat, la crise du logement, le recul de certains services publics, la précarisation du travail, la défiance envers les institutions et le sentiment d’abandon de nombreux territoires populaires. Le RN peut donc lui aussi chercher à transformer ces contradictions sociales en opposition entre Français et immigrés, entre peuple et élites ou entre nation et Europe. Mais si nous voulons empêcher cette récupération, il ne suffit pas de dénoncer le RN. Il faut construire une alternative qui soit plus concrète, plus crédible et plus conquérante que le discours de l’extrême droite. Pas juste une dénonciation moral d'un diable de confort du système.<br /> <br /> C’est ici que la campagne VIVRE ! du PCF peut prendre tout son sens.<br /> <br /> VIVRE ! ne devrait pas être seulement une campagne électorale proposant une série de mesures destinées à améliorer le quotidien. Elle peut devenir la traduction politique d’un communisme de conquête, c’est-à-dire une démarche qui part des besoins immédiats pour conduire progressivement les travailleurs à la question du pouvoir. Vivre mieux suppose d’abord de mieux répartir les richesses.<br /> <br /> Mais mieux répartir les richesses suppose de modifier les rapports de force. Modifier les rapports de force suppose de donner de nouveaux pouvoirs aux salariés. Donner de nouveaux pouvoirs aux salariés suppose de s’attaquer au pouvoir du capital sur l’investissement et le crédit. S’attaquer au pouvoir du capital sur le crédit suppose de transformer le système bancaire et de construire un véritable pôle public bancaire. Réorienter le crédit suppose de disposer d’une stratégie industrielle et écologique permettant de décider collectivement où vont les investissements. Cette stratégie suppose à son tour de reprendre la maîtrise publique des secteurs stratégiques et de construire une planification démocratique.<br /> <br /> Et cette planification ne peut devenir effective que si les travailleurs et les citoyens disposent de véritables pouvoirs sur les décisions qui déterminent leur avenir. La souveraineté populaire est la clef. <br /> <br /> C’est cette chaîne qui peut transformer VIVRE ! d’un catalogue de revendications en projet de conquête.<br /> <br /> Elle permet également au PCF de reprendre des questions que l’extrême droite cherche à monopoliser. La souveraineté peut être réaffirmée, mais comme souveraineté populaire sur les choix économiques. La réindustrialisation peut être défendue, mais comme réindustrialisation maîtrisée collectivement et non comme simple soutien public aux profits privés. La transition écologique peut être assumée, mais comme transformation planifiée de l'appareil productif garantissant l'emploi et la qualification. La défense des services publics peut être menée, mais en donnant aux agents et aux usagers de nouveaux pouvoirs sur leur organisation. La paix peut être défendue, mais en la reliant à une politique d’indépendance nationale et de coopération internationale. L’Union européenne doit être contestée lorsqu’elle empêche ces transformations, mais sans transformer cette critique en un réductionnisme souverainiste passif. Et surtout, le peuple travailleur peut redevenir le sujet politique de toutes ces batailles. <br /> <br /> C’est probablement la principale leçon de Saxe-Anhalt. L’extrême droite progresse lorsque la colère populaire existe sans débouché de classe suffisamment puissant. La réponse ne consiste donc pas seulement à combattre l’extrême droite sur son terrain idéologique. Elle consiste à construire une force capable de rendre inutile son discours en apportant aux travailleurs une explication plus juste de leur situation et surtout une capacité réelle à agir sur ses causes. La SPD montre les limites d’une gestion sociale du capitalisme.Les Grünen montrent les limites d’une transformation écologique qui ne place pas suffisamment la question du pouvoir économique au centre. Die Linke montre qu’une politique sociale plus affirmée ne suffit pas lorsqu’elle ne parvient pas à devenir une stratégie de conquête et d’organisation de la classe. Il en est de même de BSW qui parle de paix et d'un réformisme radical ; mais demeure prisonnée de la social-démocratie. L’AfD montre, de son côté, qu’une force réactionnaire peut utiliser les contradictions réelles du capitalisme pour construire une représentation politique de la colère populaire.<br /> <br /> Le PCF doit donc tirer une conclusion différente.<br /> <br /> Il ne s’agit pas seulement de mieux parler aux classes populaires. Il faut leur permettre de devenir une force organisée capable de conquérir des pouvoirs. C’est précisément cela, le communisme de conquête amendé et adopté par le 40ème Congrès du PCF en juillet 2026, base de la candidature PCF.<br /> <br /> Il ne consiste pas à attendre que la crise produise spontanément une conscience révolutionnaire. Il consiste à construire dès maintenant l’organisation qui permettra aux travailleurs de transformer leurs luttes quotidiennes en rapport de forces, leurs rapports de forces en conquêtes concrètes et leurs conquêtes concrètes en transformation de la société. C’est pourquoi la reconstruction communiste dans les entreprises, les quartiers populaires et les territoires n’est pas une question interne au Parti.<br /> <br /> Elle est la condition même de la possibilité d’une alternative.<br /> <br /> La véritable leçon de Saxe-Anhalt n’est donc pas seulement que l’AfD peut gagner. Elle est que le capitalisme produit des contradictions que quelqu’un finira toujours par organiser politiquement. Si les communistes ne les organisent pas autour des intérêts du travail, d’autres les organiseront autour de la nation, de l’identité ou de la désignation de boucs émissaires. La bataille pour 2027 et au-delà ne consiste donc pas simplement à convaincre les électeurs de ne pas voter RN. C'est le front de classe: VIVRE !<br /> <br /> Elle consiste à faire en sorte qu’un travailleur puisse regarder le PCF et se dire : c’est ici que je peux défendre mon salaire, mon emploi, mon logement, mon école, mon hôpital, mon territoire, mais aussi reprendre du pouvoir sur les décisions économiques qui déterminent tout cela. C’est à cette condition que VIVRE ! pourra dépasser le stade d’une campagne électorale pour devenir une campagne de reconquête populaire. Et c’est peut-être finalement la leçon la plus profonde de Saxe-Anhalt pour le PCF : la colère populaire ne manque pas. Ce qui manque, c’est encore la force organisée capable de lui donner une direction de classe et de transformer cette colère en pouvoir.<br /> <br /> Le communisme de conquête doit précisément avoir pour objectif de construire cette force.<br /> <br /> Fraternellement,
Répondre