MÉLENCHON bouc émissaire facile du déclin du PCF
/image%2F1449569%2F20260929%2Fob_5852af_libre-opinion-lui.jpg)
/image%2F1449569%2F20260928%2Fob_68f095_melenchon-hue.jpg)
Au sein du PCF - Parti Communiste Français, la tentation est grande de désigner Jean-Luc Mélenchon comme le fossoyeur du mouvement. On l'accuse d'avoir profité de la faiblesse de l'appareil pour récupérer ses électeurs. Pourtant, rendre La France insoumise responsable de cette chute est une illusion : la maladie rongeait le PCF bien avant l'émergence du leader insoumis.
Le piège s'est refermé dès les années 1970 avec l'Union de la gauche. François Mitterrand a attiré les électeurs communistes pour faire gagner le Parti socialiste, reléguant le PCF au rang de simple force d'appoint dès 1981. À ce déclassement s'est ajouté un séisme sociologique : la fermeture des usines a détruit la base ouvrière du parti, tandis que la chute de l'URSS le privait de son modèle historique. En 2002, bien avant l'hégémonie de Mélenchon, le candidat communiste Robert Hue ne dépassait déjà plus les 3,4 % à l'élection présidentielle.
Quand le PCF s'allie avec Jean-Luc Mélenchon en 2009, il saisit en réalité une bouée de sauvetage. Si LFI a ensuite pris le dessus, c'est en s'adressant aux nouvelles précarités urbaines, là où le PCF restait bloqué sur une image ouvrière largement disparue. Depuis 2018, la stratégie de Fabien Roussel pour reconquérir les territoires ruraux s'est heurtée à la réalité des urnes, aboutissant à de faibles scores nationaux et à sa propre élimination aux législatives de 2024.
Pour survivre, le PCF doit désormais se réinventer à travers deux ruptures majeures. La première consisterait à couper définitivement les ponts avec le Parti Socialiste. Depuis quarante ans, le PCF se maintient en vie grâce à des accords électoraux avec le PS pour conserver ses mairies. Mais cette dépendance envers une gauche modérée a rendu son message illisible. Mettre fin à ces accords ferait perdre des élus à court terme, mais ramènerait une véritable clarté politique.
Ce sacrifice devrait s'accompagner d'une seconde rupture : assumer de nouveau un discours anticapitaliste radical. En cherchant parfois à paraître trop consensuel, le parti a fini par sembler inoffensif. Face à la précarité et à l'inflation, un retour à la critique frontale du système économique et à la lutte des classes pourrait attirer des électeurs en quête d'une transformation profonde. Ce chemin de l'indépendance est risqué, mais c'est sans doute la seule solution pour éviter que le PCF ne finisse dans un musée.
Joseph Fernandes (sur Facebook)


/image%2F1449569%2F20250602%2Fob_00c431_che-guevara-affiche-ia.jpg)
/image%2F1449569%2F20230929%2Fob_a9994b_gramsci-portrait.jpg)
/image%2F1449569%2F20231207%2Fob_63cb78_palestine-barghouti-affiche.jpg)
/image%2F1449569%2F20240217%2Fob_caefb2_paix-ensemble-colombe.jpg)