SÉNAT : une « anomalie démocratique » au pouvoir croissant
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Depuis la dissolution de 2024, le Sénat a retrouvé un rôle primordial dans l’architecture institutionnelle française. Mais sa composition très conservatrice, due à son mode de scrutin, en a toujours fait l’adversaire des grandes réformes républicaines, puis progressistes, ainsi que de la simplification du mille-feuille territorial. Le contexte actuel ravive donc le vieux débat autour de sa suppression ou de sa réforme.
Alors que la campagne présidentielle bat son plein, une autre élection a lieu ce dimanche 27 septembre dans la plus grande discrétion : les sénatoriales. Ce sont 178 sièges sur 348 qui sont renouvelés, afin de représenter 63 départements, ainsi que les Français de l’étranger. Les autres sièges seront remis en jeu en septembre 2029, selon le principe d’un renouvellement par moitié et d’une durée de mandat de six ans. Alors qu’il concerne une des deux chambres du Parlement, ce scrutin se tient dans l’indifférence générale. Un paradoxe qui s’explique par deux raisons.
Une représentation très éloignée de la réalité politique de 2026
La nature du corps électoral d’abord : ce scrutin est indirect, seuls les grands électeurs, c’est-à-dire à 95 % des maires et des conseillers municipaux [1], y participent. Une spécificité qui conduit à des campagnes particulières : les aspirants sénateurs préfèrent les rendez-vous individuels avec les maires et les petites réunions publiques aux grands rassemblements, porte-à-porte et débats télévisés qui rythment les campagnes de leurs collègues députés. S’il y est bien sûr question de politique nationale, ces campagnes sont aussi très tournées vers les problématiques spécifiques des élus locaux : fiscalité locale et dotations de l’État, décentralisation, lourdeurs juridiques, règles d’urbanisme…
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Sénat : une " anomalie démocratique " au pouvoir croissant
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