VIVRE DANS LA FICTION - Par Bertrand Renouvin
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À l’imitation des campagnes électorales américaines, les élites politiques avaient produit au début du siècle des récits fictifs dans lesquels le candidat est le héros de sa propre histoire. Une histoire embellie par des scénaristes et soigneusement mise en scène par des communicants. Une historiette individuelle maquillée en destin, et non plus l’incarnation d’un projet collectif capable de mobiliser un électorat. Déjà, les partis du bloc oligarchique fonctionnaient comme des totalités vides évoluant au fil de sondages douteux dans les jeux de miroirs médiatiques. Plus ou moins honnêtes, les capitaux investis dans l’opération donnaient à celle-ci son semblant de réalité.
Nous venons d’entrer dans une nouvelle phase, celle où les hommes et les femmes de l’élite au pouvoir ne jouent plus un rôle mais sont devenus leur propre fiction. La fiction fantomale de François Hollande et la fiction jeuniste de Gabriel Attal sont trop visibles pour qu’il soit besoin d’insister. Tous, de Ségolène Royal à Edouard Philippe et Bruno Retailleau, lancent des formules dans le débat public comme s’ils étaient certains de disposer dans quelques mois de la toute-puissance présidentielle. C’est faire semblant d’ignorer que le nouvel élu sera confronté à un Premier ministre plus ou mon inamical, issu d’une majorité composée de bric et de broc.
Cette volonté de puissance est d’autant plus aberrante que nous voyons la gouvernance oligarchique patauger depuis des années dans le marécage des décisions sans effets et des embarras bureaucratiques dont les citoyens font les frais. On annonce des enquêtes et on lance des initiatives qu’un personnel trop rare est incapable de réaliser. On inonde le pays de discours sur le “régalien” alors qu’on a perdu les moyens monétaires, commerciaux, industriels et budgétaires de la souveraineté. On se gorge de références aux “valeurs”, on fait la morale aux voyous, mais un ancien président de la République est passé par la prison, un ancien garde des Sceaux se trouve devant les tribunaux et une future présidente (si l’on en croit les sondages) est menacée du bracelet électronique.
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Vivre dans la fiction - Le blog de Bertrand Renouvin
A l'imitation des campagnes électorales américaines, les élites politiques avaient produit au début du siècle des récits fictifs dans lesquels le candidat est le héros de sa propre histoire....


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